Tragédie de Forêt

  • Mémoire de Résistant... Jean Wypchlo

    2016 04 14 (4).JPG

    Jean Wypchlo nous a quittés le 6 décembre 2016, dans sa nonante et unième année.

    Début septembre 2017, comme chaque année, aura lieu la Commémoration à Forêt 

    Lui, le porte-drapeau attitré lors de ces Commémorations à Forêt et au Monument de la Gare n'avait, à son grand regret, pu assister à la dernière cérémonie (2016), en raison de son état de santé.

    Quelque part, il incarnait une partie de "la Mémoire" relative à une des Tragédies de Forêt, en raison de sa participation à la Résistance durant la guerre 40-45.

    J'avais eu le privilège de le rencontrer à plusieurs reprises et lors des entretiens que nous avions eus, Jean Wypchlo m'avait raconté avec beaucoup d'émotion sa version des faits dont il avait été témoin direct, l'épisode de la cuisine qui, à son avis, avait été un des éléments déclencheurs de l'attaque allemande qui avait conduit au massacre de Forêt...

    C'est pourquoi, cet article, publié une première fois le 30 août 2016 vous est représenté ce jour, en hommage à Jean Wypchlo mais aussi à tous les Combattants et Résistants qui se sont parfois sacrifiés pour la Liberté ainsi qu'à toutes les Victimes de ces faits.

    ...Jean Wypchlo avec le drapeau 

    Plusieurs récits relatant le massacre de Forêt en septembre 1944 ont déjà été publiés et c'est fort bien ainsi car, dans le cadre du Devoir de Mémoire, il convient bien évidemment de perpétuer ce funeste moment afin de clouer pour toujours au pilori les horreurs de la guerre.  

    Jean Wypchlo, ancien résistant, est né le 28 septembre 1925.

    En 1944, il est entré dans la Résistance et a fait partie de l'A.S. (Armée Secrète).

    C’est au gré d’un long entretien tout empreint d’émotion que Jean Wypchlo a retracé les faits dont il a été témoin direct, l'épisode de la cuisine qui, à son avis, a été un des éléments déclencheurs de l'attaque allemande qui a conduit au massacre de Forêt...

    Voici son récit, reproduit fidèlement.

    Lire la suite

  • Promenade mémorielle à Forêt avec l’A.S.R.E.P.H. (1)

    Ce dimanche 18 décembre 2016, l’A.S.R.E.P.H. (Association pour la Sauvegarde et le Respect de l’Environnement du Pays de Herve) et son président, Julien de Leval organisaient, au départ de l’église de Forêt, une promenade mémorielle, axée notamment sur les drames de 1914-18 à Forêt en particulier.

    Le rendez-vous était fixé à 13h30 et 13h30 fut l'heure du départ, sous la conduite d'un Julien de Leval particulièrement en verve.

    Cette balade qui nous amenés de l’église de Forêt à Navette était bien entendu aussi à connotation environnementale, ce qui se comprend aisément puisque l’A.S.R.E.P.H. a notamment pour objectif, l’environnement.

    « Soucieuse d’une survie harmonieuse du milieu naturel, elle veut aussi promouvoir pour l’homme des conditions de vie les meilleures pour sa santé physique et morale dans des conditions décentes. Participer à la recherche et l’établissement d’un équilibre dynamique entre l’homme du 3ème millénaire et le milieu rural où il vit … tel est le but final de l’Association. Dans ce cadre, elle peut collaborer avec tout groupe ou groupement poursuivant des buts similaires et elle peut poser tous les actes se rapportant directement ou indirectement à son objet. Elle s’occupe aussi de vulgarisation scientifique », porte-t-elle comme message essentiel.

    2016 12 18 balade Forêt (1).JPGComme nous l’explique Julien de Leval (ci-contre), « l’A.S.R.E.P.H. organise des promenades tous les troisièmes dimanches du mois et ce depuis 1980. Dans le cadre de la Commémoration de la Guerre 14-18, nous conduisons tous les mois une promenade sur un des sites de la région où il y a eu des problèmes lors de la guerre. Donc ici (à Forêt,) le 5-6 août 14, nous allons visiter quelques endroits qui ont marqué l’histoire tout en les commentant. »

    Et de fait, ce parcours didactique à la mémoire du temps passé s’est accompagné, de Forêt à Prayon, d’une balade, elle aussi richement commentée dans la nature.

    Un tout grand merci à l’A.S.R.E.P.H, à son président et à ses membres pour ces moments plus qu’intéressants à tous les niveaux, des témoignages du passé à la connaissance de la nature et de notre environnement . Nature qui, comme l’a très justement souligné Julien de Leval n’a absolument pas besoin de l’homme, que du contraire.

    2016 12 18 balade Forêt (19).JPG

    En préparation, photos et vidéo dans un second article consacré à cette promenade...

    C'est pour bientôt et diablement intéressant.

    Vous y apprendrez notamment comment les anciens dressaient les clôtures pour empêcher le bétail de passer.

    2016 12 18 balade Forêt (66).JPG

  • La Tragédie de Forêt (16) Le message de Robert Boulanger

     

    DSC_0122.JPGRobert Boulanger (ici avec Michel Forêt) est Président du Comité du Monument.

     

    Robert Boulanger a lui aussi axé son discours sur la nécessité de mémoire. « Un peuple qui n’a pas de mémoire n’est pas digne de vivre ; Forêt est et restera le premier village martyr de Belgique », trancha-t-il avant de s’attarder sur le nombre de résistants tués au combat ou assassinés au Pont barrage Monsin puis de déplorer l’indifférence qui se manifeste chaque jour, lui inspirant des craintes quant à notre système démocratique. Robert Boulanger a aussi rappelé que Forêt s’était déjà retrouvé dans la tourmente en 1914 avec ses fusillés qui reposent dans le petit cimetière.

     

    « Notre devoir à nous est de faire prendre conscience aux jeunes générations qu’elles ont le devoir de sauvegarder la mémoire du passé car sans cela, elles risquent de revivre des événements identiques. »

     

    Après quelques remerciements adressés aux personnes actives dans l’organisation de cette manifestation, il s’est attardé sur « l’horrible tragédie, l’assassinat des 23 prisonniers extraits de leur cellule du bloc 30 de la Citadelle et conduits au Pont Barrage Monsin vers 2h du matin. La culbute dans la Meuse après avoir reçu une balle dans la nuque. » Des mots forts, des mots qui frappent.

     

    Et, dans la foulée, d’embrayer « Je tiens à réaffirmer que toute forme d’obscurantisme, d’intolérance et d’intégrisme, qu’elle soit d’origine fasciste, communiste ou religieuse, doit être combattue car la valeur la plus fondamentale et la plus précieuse est la liberté. La liberté ne se reçoit pas, elle se conquiert. »

     

    Pour Robert Boulanger, les vieux démons qui ont fait tant de ravages au siècle passé ne sont pas anéantis et peuvent ressurgir à tout moment.

     

    « Si nous savons aujourd’hui qu’Hitler était un monstre, l’immense majorité des gens ne le savaient pas et croyaient sincèrement que c’était un grand homme qui allait résoudre leurs problèmes. »

     

    Et de clôturer par un message aux jeunes (bien peu présents à Forêt ce 7 septembre 2014) : méfiez-vous des affirmations trop faciles, trop évidentes, trop simplistes. Mais en même temps, ne rejetez pas les idées neuves. Apprenez à discerner… »

     

  • La Tragédie de Forêt (15) Le discours de Fabien Beltran

    DSC_0348.JPGDans le cadre du 70ème anniversaire de la tragédie de Forêt, le bourgmestre de Trooz, Fabien Beltran, était chargé du discours protocolaire.

    D’emblée, Fabien Beltran a rappelé que ces samedi et dimanche 13 et 14 septembre, à l’occasion des Journées du Patrimoine mais aussi à Forêt, les victimes de la Première Guerre Mondiale seraient honorées.

    Après avoir énuméré la longue liste des personnalités présentes, Fabien Beltran s’est réjoui du nombre de personnes présentes.

    « Pourtant, tant de gens aujourd’hui, que ce soit à Trooz ou ailleurs ne savent pas ce qu’est la Tragédie de Forêt et le contexte dans lequel elle s’est déroulée. Oui, il y a eu une guerre. Et puis ? », a-t-il prononcé avant de déplorer que « beaucoup de gens de nos jours et le plus souvent les plus jeunes ne connaissent plus les détails de cette guerre mondiale qui fut le conflit le plus meurtrier de l’histoire. »

    Et, d’emboîter évidemment sur la nécessité de ne pas oublier mais aussi de comprendre afin que cela ne se reproduise plus.

    « … les guerres fleurissent un peu partout sur la planète, ou les tensions entre diverses communautés s’exacerbent, nous devons être extrêmement vigilant au discours que nous prononçons, la guerre est à nos portes et certains semblent oublier les terribles années vécues dans ce proche passé. Le risque majeur qui nous menace, c’est le retour des égoïsmes nationaux, des séparatismes, des replis xénophobes. Il nous appartient donc, et je saisis l’occasion de cette commémoration de Forêt, d’envoyer un message de paix et de l’affirmer comme une volonté forte.

    Certes, des reportages, des témoignages, des débats sur l’avancée de tous ces extrêmes, qu’ils soient politique, économiques ou religieux ne manquent pas. »

    Fabien Beltran a aussi attiré l’attention de l’assistance sur le danger de banalisation des horreurs du passé tout en remarquant qu’on entendait souvent parler du génocide des Juifs, mais rarement du génocide des Tziganes et des malades mentaux ou encore de ce qui s’est passé la semaine du 2 au 6 septembre dans ce petit village de Forêt qui fut tout de même l’épisode le plus meurtrier de la résistance belge. « Il importe que nous prenions garde à ces dangers. L’enseignement  de cet épisode de l’histoire ne doit être ni réducteur, ni moralisateur, ni défaitiste. Enseigner à nos jeunes les crimes du nazisme n'est pas un acte pédagogique comme les autres ; c'est porteur de sens. On ne parle pas de la Shoah ou du décret Nuit et brouillard comme on parle de l'invention de la machine à vapeur ou des conquêtes de Jules César. Transmettre l'Histoire et surtout cette Histoire, c'est apporter des clés de lecture du monde à nos enfants. »

    Et de s’adresser aux jeunes en recommandant de ne pas se laisser séduire par des discours faciles ou  des thèses simples. Les jeunes doivent prendre conscience que ce qui est arrivé peut encore se produire voire pire comme en témoigne ce qui se produit en Ukraine, en Syrie, en Irak, en Israël et en Palestine, en Centrafrique et bien d’autres pays encore.

    « L'éducation que nous donnons ne doit pas seulement les mettre au courant de ce qui s'est passé, auquel cas ils pourraient perdre l'espoir, mais doit les amener à réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour éviter que cela se répète durant leur vie. »

    Il est vrai que les survivants de cet épisode noir de l’Histoire disparaissent petit à petit et viendra un jour  où la future génération n’aura plus la chance d’entendre de vive voix les récits des anciens.

    Et le bourgmestre de clôturer : « Après la disparition de tous ces témoins, il sera plus facile aux révisionnistes de critiquer les morts, ceux qui ne savent plus se défendre. Il sera plus facile d’oublier…Qu'adviendra-t-il alors ? Quel sens aura encore ce monument aux morts qui se trouve derrière moi ? Nous ne serons plus que « ceux qui ont entendu dire que ... ».

    Aujourd'hui plus que jamais, il faut raconter, étudier les crimes du nazisme, avec rigueur, car c’est la seule arme face aux prestidigitateurs de l'Histoire, la seule arme face à l’oubli !  Nous portons une responsabilité énorme, celle de transmettre la mémoire, car les jeunes que nous formerons seront le fer de lance de la démocratie de demain. »

  • La Tragédie de Forêt (14) Documents

    Ci-dessous, deux documents datant de septembre 1949 :

    La communication de la translation des corps dans la crypte du monument le 3 septembre 49 et de l'inauguration officielle du monument le lendemain. Document adressé aux groupements patriotiques, aux sociétés diverses et, bien entendu, à la population.

    inauguration monument.jpg

    L'invitation personnelle adressée à l'architecte du

    Monument de Forêt, Joseph Godron.

     

    invitation bis.jpg

    Source Jice VST

  • La Tragédie de Forêt (13)

    Ce dimanche 7 septembre 2014, le message principal que les organisateurs et les intervenants lors de la Cérémonie d'Hommage aux Victimes de la Tragédie de Forêt ont voulu faire passer est incontestablement le devoir de mémoire, d'information, de souvenir pour ne plus jamais connaître cette barbarie. Oublier le passé ou le négliger et ne pas en tenir compte, c'est être condamné à le revivre.

    De ce fait, afin de participer activement au devoir de mémoire, sur cet espace de communication Sudpresse de Trooz et de sa région, nous allons continuer à maintenir intact le souvenir des actes passés. Puisqu'il convient de mettre en garde les générations futures en les interpellant sur les événements du passé, pourquoi faudrait-il limiter le souvenir, l'information et la communication à cette seule funeste date même si elle doit être honorée début septembre ? 

    Il est donc fait appel à la mémoire de tout un chacun pour partager les souvenirs. Une anecdote, des faits, tout ce que vous voulez dire à propos de cette tragédie. Si vous possédez des photos de l'époque et souhaitez les partager, n'hésitez à m'envoyer tout document par mail : charles.clessens@Skynet.be

    Vos articles seront publiés à chaque fois avec le même titre, soit "La Tragédie de Forêt" suivi d'un numéro. Pour retrouver tous les articles publiés à ce sujet sur ce blog, il vous suffit de cliquer dans la liste Catégories et de choisir Tragédie de Forêt et tous les articles apparaîtront.  

    C'est notre ami Jean-Claude Van Sundert (Jicé VST), Troozien expatrié à Ostende qui nous livre de précieux documents et nous relate des actes de bravoure, sous forme d'anecdote. Voici son texte :

    Une anecdote mais importante !

    Dans les victimes non-identifiées et donc inhumées dans la crypte, il y a Albert Letiexhe de Nessonvaux. Sa spécialité était de remplacer les hommes qui étaient réquisitionnés pour le STO. Il prenait le train à leur place aux Guillemins avec bien sûr de faux papiers et dès qu'il avait l'occasion, il sautait bas du train, les nazis ne s'apercevaient de l'histoire qu'à l'arrivée. L'AS et particulièrement Albéric Colard, officer de l'état civil à Forêt et adjoint du commandant du CT11, fournissait les faux papiers, aussi bien à Albert qu'aux réfractaires qui pour la plupart rejoignaient le refuge de Forêt ou un autre.

    En annexe, une fausse carte d'identité en un faux permis de certificat de travail.

    Bien à toi,

    Jean-Claude

    Fauuse id.jpgFaux certificat de travail.jpg

  • La Tragédie de Forêt (12)

    DSC_0033b.JPGMalgré l'émotion du moment, quel bonheur ces anciens n'ont-ils pas eu de se retrouver...

  • La Tragédie de Forêt (11) Fabien Beltran

    DSC_0058.JPG"...ce qu'il s'est passé il y a septante ans est susceptible de se reproduire à un moment donné... "

     

  • La Tragédie de Forêt (10) Le Colonel Crucifix

    Colonel Crucifix.jpg

    "...le devoir de mémoire c'est tout d'abord savoir ce qu'il s'est passé...nos démocraties ont le droit et même le devoir de se défendre..."

     

  • La Tragédie de Forêt (9) Un président ému...

    DSC_0168b.JPG

    "Chaque année on rappelle ce qu'il s'est passé... essayer d'informer les jeunes qui naturellement ne sont pas très disposés à se souvenir de tout cela ... Il y a toujours des personnes qui se souviennent "

     

  • La Tragédie de Forêt (8) Léon Jacqmin

    DSC_0636.JPG

    "...entre quinze et vingt Fléronnais sont morts ici..."

    Léon Jacqmin

     

  • La Tragédie de Forêt (7) Robert Boulanger

    "...je regrette beaucoup que dans les écoles on ne parle pas suffisamment de ce qui s'est passé en Belgique... ne jamais oublier...ce que j'ai peur, c'est qu'on oublie...je suis triste qu'il n'y avait pas de jeunes aujourd'hui..."

    Robert Boulanger

    DSC_0614.JPG

     

     

     

  • La Tragédie de Forêt (6) Thierry Giet

    DSC_0607.JPG

    "...c'est important car nous avons tellement besoin de mémoire dans le monde d'aujourd'hui..."

    Thierry Giet

  • La Tragédie de Forêt (5) Michel Forêt, le Gouverneur

    DSC_0132.JPG"... des moments comme ceux-ci sont importants..."

    Michel Forêt, Gouverneur de la Province de Liège 

  • La Tragédie de Forêt (4) La vidéo

    En images, hommage et respect à ces anciens.

    Se souvenir d'eux, de leur combat, est vraiment la moindre des choses que nous leur devions. 

    N'hésitez pas à partager ces images si vous le jugez utile...

    v1.jpg

     Prise d'images et montage : Audrey Clessens