Edmond Floriani

  • Edmond Floriani

    Plusieurs articles relatifs à Edmond Floriani ont déjà été publiés sur cet espace de communication et d'information. Du temps où il peignait l'église de Forêt et du temps où le peindre voyageait en France en nous faisant parvenir son carnet de route. Vous pouvez retrouver tous ces articles en ouvrant ci-contre la CATEGORIE intitulée Edmond Floriani.

    Pour ce qui est de ses œuvres exposées à Chaudfontaine, voici ce qu'il nous en dit :

    Lire la suite

  • Edmond Floriani (29) Le bilan final

    C'est la fin, nous remercions notre artiste-peintre râleur et bougon à souhait d'avoir partagé avec nous son périple au travers de la France profonde, à la recherche de vieilles pierres à coucher sur sa toile.

    A bientôt, et merci, Edmond, l'artiste-peintre rebelle.

    Fais-nous encore rêver.

     

    autoire chateau 003.JPG

     

     Ce voyage, entrepris pour la gloire de l'Art, fut un bide, un fiasco presque total. Au final, considérant que la réalisation de 6 dessins, de 3 ébauches sans suite et 3 croûtes de brocante m'ont coûté 1500 euros et endetté pour longtemps, je pense que j'aurais mieux fait d'aller peindre à Durbuy, la plus petite ville de nos Ardennes belges et même de Belgique...ça m'aurait coûté moins cher... et c'était moins risqué ...certes il n'y a pas le prestige de peindre en France et donc moins de gloire à espérer...qui pourrait s'intéresser aux oeuvres d'un pauvre paysagiste englué dans sa grise et morne belgitude ? D'ailleurs, j'aimerais pouvoir peindre dans les Ardennes, mais, et c'est aussi imparable qu'une loi de la  physique, à chaque fois que j'y vais, il pleut...à croire que je promène un nuage au-dessus de ma tête...on devrait m'appeler pour faire pleuvoir dans les zones arides frappées de sécheresse...je suis un sorcier faiseur de pluie... j'offre mes services contre forte  rémunération, puisque le résultat est garanti...et ça peut sauver des vies...de plus ça me fera un boulot puisque je suis au chômage ...

    Conclusion:

     On va toujours chercher bien loin ce qu'on a près de chez soi...on rêve toujours d'aller brouter une herbe qu'on croit plus verte ailleurs...et on trouve du foin aussi humide et moisi que celui qu'on a délaissé.

    Clap de fin pour un flop complet sous la flotte.

     

    0004.jpg

     

     

  • Edmond Floriani (28)

    0002.JPGUn retour érotique ? Même pas

    Dussé-je rouler 14 heures d'affilée sans arrêt je voulais m'en retourner chez moi dans ma chère Belle Gique.

    Après être parvenu, je ne sais comment, à sortir de la ville infernale d'Aix-en-Provence, je fonçais en direction du nord.

    Plus je mettais de la distance entre le sud et moi , plus je respirais un air frais qui me consolait de toutes mes déceptions provençales...j'étais même heureux de revoir la pluie...

    La traversée de Lyon et les embouteillages inévitables du tunnel de Fourvière, un vrai foutoir, autre enfer citadin sur ma route...et puis une longue traversée de la Bourgogne. A Nancy, soulagé d'avoir fait le plus dur, je commençais à me sentir chez moi, malgré une averse diluvienne qui, un moment, m'aveuglait complètement et ne me laissait plus rien voir de la route.

    Enfin, j'arrive au Luxembourg, heureux de sortir hors de France où je n'eus que des emmerdes...

    Au moment de payer les derniers litres de carburant nécessaires pour la dernière étape me menant à Liège, je constate que je n'avais plus assez d'argent sur mon compte pour payer...la France m'avait lessivé financièrement jusqu'au dernier centime d'euro ...heureusement une solution fut trouvée avec la possibilité d'un payement différé une fois rentré et je repartis pour la dernière étape me menant à mon lit bien mérité.

    La traversée nocturne du Luxembourg et des Ardennes belges fut lugubre. Des rubans de brouillard, jaunâtres, à cause de l'éclairage des lampes au sodium, enveloppaient parfois la route et créaient une ambiance sinistre de film de zombie et de fantômes...à tout moment, presqu'unique automobiliste dans la nuit de cette autoroute, angoissé de cette solitude nocturne, je craignais de percuter un mort-vivant à la sortie d'une nappe de brouillard...j'ai vu trop de films où ça arrivait...  

     

    Mon imagination me jouait des tours...sans doute la fatigue...

    Quel soulagement mêlé de joie lorsqu'enfin apparurent sur les plaques, des noms familiers comme Harzé...Sprimont...Liège ...et le décompte du peu de km qu'il me restait à franchir avant d'atteindre enfin mon lit douillet...

    Vers 0h 45 après 10heures de course éperdue vers le salut, et le bonheur de se retrouver chez soi, dans ses meubles et ses petites habitudes, sa petite famille et ses amis, j'entrais la voiture dans le garage...je titubais, ivre de fatigue, mais heureux.

    Et soulagé surtout de ne pas m'être pulvérisé moi et mes rêves d'artiste raté, à 160 km/h dans le décor bétonné des autoroutes.

    J'étais si pressé de rentrer...au fait, je crois que je me suis fait flasher à Nancy ...j'attends la facture...

    Avec la poisse qui m'a poursuivi du premier jour jusqu'à la dernière pompe à carburant, ça aurait été le bouquet final et grandiose...le point d'orgue funèbre de cette aventure qui (comme me le disait Marcel, un ami mendiant), ressemblait plus au Voyage de Monsieur Scoumoune qu'au beau voyage que fit Ulysse...

    Et je suis sûr que si j'avais forniqué avec une femelle de rencontre, avec la malchance qui n'a pas cessé de me harceler, elle m'aurait, à coup sûr, refilé une chaude -pisse (comme le fit jadis une Parisienne de Montmartre, quand je fus jeune), ou une autre maladie vénérienne horrible dans le style de celle qui vous transforme le gland en truffe noire... 

    Là , j'aurais été en harmonie avec les moisissures et les lichens  du Quercy moisi...

    Mon cher Quercy, pourquoi t'ai-je quitté pour cette Provence de carte postale, cette Provence de merde qui, en plus, n'a pas voulu de moi...

     Demain, à 8 heures précises, la dernière page des carnets de route d'Edmond Floriani, artiste-peintre à la recherche de ses vieilles...pierres. Edmond que bien évidemment nous remercions.

  • Edmond Floriani (27)

    0001.JPGDes regrets aussi. Le voyage touche à sa fin...

     

    Exaspéré et en colère contre moi-même parce que je me demandais par quelle ironique malédiction j'avais pu finir dans cet enfer, sachant que je déteste les villes et que je fais tout pour les éviter comme la peste. Pourquoi m'obstinai-je à croire que Aix ou Arles étaient des exceptions qui avaient échappé miraculeusement à la corruption du monde moderne et à  l'invasion des  machines roulantes ? Ignorance, aveuglement volontaire pour essayer de faire vivre mon rêve, de lui donner une chance de se réaliser? Sans doute la séduction du mythe du peintre provençal, les souvenirs glorieux et le prestige qui s'y rattache...

    Je me suis leurré, dupé moi-même...la Provence de Van Gogh, de Cézanne, de Pagnol et de Giono est morte depuis longtemps...

    Je compris que je n'avais rien à foutre dans ce cimetière rempli de fantômes culturels, l'esprit désormais souffle ailleurs sa vie et son inspiration

    Je résolus de mettre fin à mon voyage et de m'en retourner vers le nord...

    En chemin, j'ai pensé un moment faire une halte en Bourgogne puisque c'était sur mon chemin. Et il est vrai que je suis plus sensible aux charmes de la Bourgogne qui possède bien des attraits pour un peintre .

    Mais je fus si lassé de l'accumulation des problèmes et des déceptions que je ne voulais plus rester un seul jour de plus en France...surtout dans le sud...

  • Edmond Floriani (26)

    0000.JPGIl continue à râler...

    Après avoir visité rapidement 2 ou 3 villages-usines à touristes, j'ai pris une route sinueuse qui serpentait à travers le massif du Luberon pour vite me rendre à Aix où m'attendait le souvenir de Cézanne et une place à l'auberge qui, cette fois, existait bel et bien. J'imaginais le pied-à-terre idéal et sympa pour aller tous les jours sillonner la campagne aixoise en quête de quelque chose à peindre sur les pas sacrés du grand Cézanne. C'était mon pèlerinage dans la Jérusalem du roi des peintres paysagistes provençaux...

    Après 30 km dans les montagnes qui m'ont paru en être 100, avec l'angoisse d'aller m'écraser dans les ravins sans fond longeant la route, j'arrivais en vue de ma destination...Aix-en-Provence!...j'étais aussi heureux que les croisés qui apercevaient enfin la terre natale de Jésus après une longue, pénible, dangereuse, assoiffée et interminable traversée du désert...

    A peine entré dans la ville, je fus surpris et atterré de me retrouver en enfer ...

    La circulation est tellement dense qu'on se croirait sur le périphérique de Paris...c'est aussi bordelique, surpeuplé et infernal que Paris, mais avec le soleil en plus...

    Pris dans la marée de la circulation citadine, si vous ne connaissez pas la ville, vous entrez, mais vous ne savez pas si vous allez parvenir un jour à en sortir...ou à trouver ce que vous cherchez...

    Et de fait, j'ai jamais pu trouver mon auberge...j'ai abandonné toute velléité  d'obstination dans ma recherche, quand je me suis rendu compte que depuis un moment je tournais en rond, pris dans le piège des sens uniques et des boulevards qui n'aboutissaient nulle part...ou dans des culs de sac de banlieue bétonnée et sinistre... et je n'avais aucune envie de m'y loger et de devoir tous les matins, me demander comment allais-je bien sortir de cet enfer pour aller sur le motif dans la campagne, et comment j'allais pouvoir de nouveau retrouver mon lit tous les soirs, coincé dans les embouteillages quotidiens. 

    J'apercevais au loin, sur l'horizon de cette ville infernale impossible à traverser, mirage ou fantôme bleuté, la montagne Sainte-Victoire...mais elle me semblait aussi inaccessible qu'une étoile appartenant à une autre galaxie.

    A croire que l'esprit ombrageux et jaloux de Cézanne, ne voulait pas de moi sur ses terres...lui non plus...

    Je commençais à regretter sérieusement mon cher Quercy moisi et pluvieux...mais peinard...

  • Edmond Floriani (25)

    P1000462.JPG

    Mais, c'est qu'en plus, il râlerait, Edmond, sur les prix...à cause des touristes !

     

    Au petit matin donc, frais et dispos pour continuer ma route, je me retrouvais devant la nécessité de partir pour Aix en Provence où une auberge existait à coup sûr et pouvait même m'héberger pour la semaine...cette fois c'était sûr, pas de lézard sous le pavé ... Je me disais en même temps: c'est le destin qui veut que j'aille peindre dans la ville de Cézanne...là, enfin je pourrais peindre. Ici, dans le Lubéron, il y a du soleil et du pittoresque en abondance...du coup, il y a beaucoup de touristes et tout est cher. Il est bien loin, le temps où des Gauguin et des Van Gogh pouvaient se loger pour 3 francs 6 sous lorsqu'ils débarquaient dans une région de France pour en peindre les beautés qui les inspiraient. Aujourd'hui, l'admiration des vieilles pierres patinées par l'Histoire coûte cher le mètre carré. Les mercantiles vous tendent des embuscades à tous les coins de ruelles, à toutes les embrasures de portes  et sous toutes les venelles des plus beaux villages de France...pour vous refiler des cartes postales, des épées en plastique, de l'huile d'olive provençale originaire d'Espagne, des poteries" de tradition authentique" et autres bibelots fabriqués en Chine...parkings payants et autres droits de passage qui vous rançonnent comme au moyen-âge...et ça ne rate jamais, vous avez dans chaque village le potier de service qui fait dans la pure" tradition locale"pour plaire aux touristes ... et vous avez aussi, immanquablement, l'artiste-peintre à l'accent anglo-saxon qui a succombé au charme de la vieille pierre française et qui a trouvé son bonheur à  fourguer sa production aux touristes, comme un épicier cherche à vendre ses légumes ...

    J'ai quitté sans regret le Lubéron et ses caricatures de villages pittoresques, usines à touristes et pompes à fric ...

    Direction Aix...à toute allure ...au secours Cézanne...

     

  • Edmond Floriani (24)

    !cid_28C5D0A927ED4A719B37B78CAD801569@AsusPC.png

     

    Edmond, voyageur sans (hôtel) étoile

    J'arrivai tard dans le Lubéron, parce que sur mon chemin, j'ai perdu du temps à croire que je pouvais peut-être, tout compte fait, poser mes valises à Arles où plane le souvenir prestigieux et impressionnant de Van Gogh. Mais vite découragé par l'atmosphère fébrile qui y régnait et la trop grande densité de circulation dans laquelle on était pris comme dans une sarabande infernale avant même d'entrer dans la ville, me prit le désir soudain de  m'enfuir de cette enfer pour Tarascon qui me semblait plus vivable...à l'échelle humaine. Et puis cela me rappelait Tartarin et quelques vagues et heureux souvenirs de lecture d'enfance, tout cela ne pouvait qu'augurer du bonheur.

    Egaré dans la banlieue tarasconnaise,  je ne suis pas parvenu à trouver l'auberge ni même Tarascon tellement le parcours est bien fléché...et je me demande même si l'auberge faisait encore fonction...impossible à savoir à cause de mon  gsm qui refusait obstinément de me mettre en relation avec ceux que je cherchais à contacter. J'étais condamné à errer en aveugle, habité par l'espoir de trouver malgré tout ce que je cherchais. Il est bien vrai que la pire des folies c'est de prendre ses désirs pour réalité... de cette folie , sans aucun doute, j'en étais frappé.

    Bon, soit, puisque ni Van Gogh ni Tartarin ne voulaient de moi,  je filai vers Fontaine de Vaucluse et Manosque, pays de Giono. 

    Arrivé plein d'espoir à Fontaine de Vaucluse, j'appris que l'auberge avait fermé ses portes et renseignements pris par prudence cette fois, grâce au gsm d'un campeur aimable, j'eus la confirmation que l'auberge de Manosque n' existait plus non plus... cela m'a évité de faire encore des km inutiles au bout desquels pouvaient m'attendre encore dieu sait quelle déception supplémentaire...Il était tard et les  campings complets ou fermés ne voulaient plus m'accueillir...ça commence bien mon arrivée dans le Lubéron pensais-je...je sentais peser comme une hostilité secrète envers ma venue, car tout  semblait comploter pour me refouler comme une personne indésirable. Mais je voulais faire contre mauvaise fortune bon coeur, tout à mon exaltation d'être dans une région où l'on pouvait voir enfin la couleur bleue du ciel... et si prometteuse en possibilités à peine entrevues...

    Adieu les auberges et leur prix abordable, il fallait que je trouve rapidement une chambre dans un hôtel ou un gîte, car la nuit tombait, et je risquais bientôt de devoir dormir dans ma voiture comme un sdf... 

    Sillonnant avec anxiété la campagne inconnue du Lubéron en quête d'un lit bien mérité, pour me reposer de cette odyssée à la recherche de ma toison d'or solaire, je finis par trouver une chambre libre dans un mas provençal aménagé en gîte rural avec goût et simplicité.

    L'hôtelier, sympathique, devinant l'état de mes finances sans gloire, me fit un prix réduit pour la nuit. J'ai dormi comme un bébé à poings fermés et je fus réveillé au petit matin par un concert de piou-piou joyeux chantant la naissance d'un nouveau jour.  

    (…)

  • Edmond Floriani (22)

    P1000421.JPG

    Il est perpétuellement à la poursuite du soleil levant (= en train de se lever). Nous attendons toujours la prochaine toile d'Edmond Floriani, notre artiste-peintre. Dans l'attente, une de ses anciennes créations.

    Ce fut foudroyant comme une révélation. Pour échapper au désespoir qui commençait à me gagner, j'eus l'idée de quitter la région du Quercy pour des cieux plus cléments et ensoleillés...plus j'y songeais, plus cela me semblait évident...c'était la seule solution...il était hors de question que je passe une journée de plus sous la pluie à me morfondre d'ennui et d'impatience.  Je ne supporte pas de m'ennuyer...cela me rend fou...

    J'ai enfourché mon fier coursier et foncé à toute allure vers le quart sud-est de la France où je pensais avoir plus de chance de trouver du soleil. Arrivé à Carcassonne, sous un véritable déluge, j'ai même pensé à descendre vers Barcelone ou vers l'Andalousie ...plus sûre comme destination pour le soleil... j'ai choisi de rester en France...et d'aller voir les ciels du pays de Cézanne... 

    En vue de Montpellier, apercevant enfin les premiers lambeaux de ciel bleu qui étaient parvenus à déchirer le plafond gris et ténébreux des nuages, je fus si heureux que j'aurais voulu être un ténor entonnant à tue-tête les plus beaux airs d'opéra pour chanter ma joie et mon espérance de revoir enfin le soleil... on le devinait là-bas, au loin, sur l'horizon éclairé, vers l'est... de la lumière enfin... et du ciel bleu... beau comme l'espoir...

    La "Rondine" de Puccini passait à la radio, les yeux embués de larmes par l'émotion et la joie de contempler cette trouée de ciel bleu que j'apercevais au loin, devant moi, alors qu'un coup d'oeil au rétroviseur me montrait un ciel noir et menaçant, tout cela achevait de me convaincre que je sortais de l'enfer et que je me dirigeais vers la lumière ...c'était droit devant...

  • Edmond Floriani (21)

    mon troupeau 003.JPGLe voyage d'Edmond au soleil (héhé) parmi ses vieilles pierres, ses vaches, ses moutons, ses pluies abondantes et, bien entendu ses peintures, semble toucher à sa fin. Bientôt son retour chez nous.

    Au petit matin, je consultai d'un oeil distrait le journal local du jour qui traînait sur la petite table contre laquelle j'étais adossé, assis sur une chaise de paille trop dure qui commençait à me faire mal au cul à force d'attendre qu'il cesse de pleuvoir pour sortir peindre. Quand tout à coup, mon attention fut attirée par la page météo du jour et les prévisions pour la semaine...et je vois à ma grande consternation, qu'il allait pleuvoir pratiquement toute la semaine. A la pensée de ce ciel noir qui avait l'intention de me submerger de sa morne pluie toute la semaine, je fus accablé de toutes ces journées tristes, moroses et interminables qu'il me fallait encore endurer sur ce site de rêve que je désirais peindre et à propos duquel j'avais formé des projets et des espoirs grandioses...tous mes beaux projets de peinture semblaient devenir aussi inaccessibles et illusoires que le grand amour éternel ...

    Tous ces merveilleux projets qui illuminaient mon espérance de leurs feux étincelants, tout à coup, s'éteignirent pour laisser la place à une nuit opaque... lourde et impénétrable...nuit et brouillard à couper au couteau...cut...extinction des feux... 

     

  • Edmond Floriani (20)

    autoire chateau 003.JPGNon, il n'est pas mort ni en train de se décomposer sous ses vieilles pierres (c'est lui qui l'a dit) mais des problèmes techniques l'ont empêché de nous donner de ses nouvelles. Voilà la suite des (més?)aventures de notre artiste-peintre, Edmond Floriani :

     

    Voilà, mon séjour de 21 journées dont 15 sous la pluie se termine ici à Thégra. Avec Maurice, le propriétaire de mon gîte, nous eûmes une dernière conversation à propos des problèmes de jardinage causés par le climat exceptionnellement humide de ce printemps pourri... c'était un peu une scène de "Dialogue avec mon jardinier".

    Ensuite, le coeur embrumé par le sentiment que décidément les bons moments passent trop vite, remontée vers le nord en direction de la pittoresque et charmante auberge de  Beaulieu où je pouvais être hébergé une semaine.
    Soirée agréable que j'ai passée seul au coin d'un feu de bois qui refusait de prendre, les pieds sur le rebord d'un âtre de pierre sculptée, de" caractère," comme les aiment les américains qui les font découper pour embarquer avec eux un peu du charme  de l'histoire et du patrimoine de France...  avec la voix douce et jazzy de Lisa Eckdhal comme fond musical pour habiter le silence de la nuit qui était tombée sur cette auberge du 14ème siècle miraculeusement préservée...je songeais aux sites qu'il me fallait peindre absolument, et il y en a tellement...attendons demain... si le temps le permet...je pourrai peindre toutes ces merveilles...

  • Edmond Floriani (19)

    autoire 001.JPG

     

    Edmond s'est donc remis au travail pour peaufiner son oeuvre. Il nous a fait parvenir le résultat.

     

    Peinture terminée après 3 heures de travail supplémentaire ce matin...
    J'avais remarqué hier soir 3 petites choses qui pouvaient être améliorées "rapidement", du moins je le croyais, et pour finir les retouches ont duré 3 heures... je regrette pas de les avoir faites, la peinture est encore plus belle, plus lumineuse, plus "parfaite". Cela me montre qu'il ne faut jamais se satisfaire du résultat car les imperfections nous apparaissent au fur et à mesure qu'on regarde sa toile attentivement, avec du recul... à froid on voit rien...tiens avec les gens c'est pareil... ne dit-on pas que l'amour est aveugle et que le mariage rend la vue... moi, plus j'observe ma toile, plus je trouve des défauts...comme à ma femme ...quand j'en avais une!...là, on peut pas faire les corrections soi-même...
    C'est décidé, demain matin j'embarque pour Beaulieu...paraît qu'il va pleuvoir jusque mardi...
    Faudra s'accrocher avec patience...
  • Edmond Floriani (18)

    P1000453.JPGPas content de lui notre peintre voyageur. Il n'a envoyé que ces quelques lignes.

    Donc, voici une de ses oeuvres anciennes.

     

    Pour finir, considérant que quelques retouches de finitions s'imposaient, j'ai repris la toile que je croyais achevée pour quelques finitions vite faites avant de commencer une autre toile... et j'ai travaillé 5 heures à reprendre les végétations que je trouvais bâclées, les pierres, les toitures, presque tout fut refait en dehors du ciel.

    Mais je suis content du résultat, après 14 heures de lutte acharnée pour saisir la vérité de ces nuances naturelles... la lumière  devient sensible...et la toile a gagné en clarté et en finition...même s'il y a des choses que j'aurais voulu mieux peindre.

    Une toile faite dans l'esprit impressionniste...en fait, plus on recherche le vrai et la simplicité naturelle, plus ça ressemble à de l'impressionnisme.

    Maintenant que mon séjour prend fin à Thégra, il faut que je réfléchisse à ma prochaine destination, et je dois dire que je n'ai pas encore fait mon choix...Cahors et Saint-Cirq -Lapopie ...le Périgord noir et Sarlat...ou retour à Beaulieu et Collonges- la- Rouge comme prochains sujets de mes peintures?...choix difficile...toutes destinations de rêve...

     

  • Edmond Floriani (17)

    autoire chateau 002.JPGEdmond Floriani a, semble-t-il, retrouvé le goût de la peinture. Beau temps revenu aidant, sans aucun doute.

    Voici son envoi de ce jour.

    Cette fois j'ai peint l'intégralité du site avec le muret et le chemin à l'avant-plan.

    On voit bien que le château est encaissé dans le fond d'un étroit vallon qu'on appelle le cirque d'Autoire. Et la route est au niveau des toitures, ce qui  donne un point de vue tout à fait pittoresque. 

    J'ai essayé de rendre le ton des falaises sur les sommets du cirque, ainsi que la lumière et les tons naturels des pierres  et des toitures faites de  tuiles plates en terre cuite qui prennent toutes sortes de teintes qui vont de l'orange au gris noir violacé . Le ton de ces pierres sous le soleil, c'est d'une difficulté redoutable, il faut se battre comme un chien pour seulement trouver quelque chose d'approximatif...

    J'ai travaillé rapidement, à la manière impressionniste, sans fignoler les détails au pinceau fin, si bien que le tableau fut achevé en 1 séance de 4 heures  et 1 de 5 heures.

    Saisir le ton naturel, pour être juste dans le ton. Et quand on a le ton juste, il faut aussi qu'il s'intègre dans l'harmonie de l'ensemble. Mais s'il est" juste", il s'harmonise nécessairement avec l'ensemble. C'est exactement la même chose pour le comportement des êtres humains...

    Comparée aux précédentes, cette peinture est plus lumineuse ...je commence à trouver des teintes moins froides et plus naturelles pour ma végétation...mes tons verts commencent à "entrer" dans la lumière, même si mon travail du feuillage doit être perfectionné...et ce brouillard inextricable de nuances verdâtres qui s'interpénètrent et se chevauchent, c'est à vous rendre fou...

     

     

  • Edmond Floriani (16)

    Voici le billet du jour de notre artiste-peintre auquel il a ajouté une photo de son travail.

    Excellente journée consacrée toute entière au travail. Pourtant, le ciel a tardé à se dégager, et à la vue de ce ciel gris au réveil, j'avoue que j'étais plutôt inquiet, même si la météo s'annonçait théoriquement bonne jusque vendredi, j'ai donc gardé confiance.

    Une fois sur le motif, à 10h, j'ai immédiatement commencé une nouvelle toile car la lumière du matin est favorable au site que je travaille, étant donné que la lumière frappe latéralement le sujet, faisant ressortir les reliefs. Le même sujet, je l'avais commencé dimanche, cette fois avec une lumière frontale, en contre jour, ce qui aplatit les formes des tours et tourelles de mon château. Mais qu'importe, je le trouve beau sous toutes les lumières et sous tous les angles ... je travaille comme un sculpteur, je tourne autour des formes pour l'examiner sous plusieurs angles et avec des éclairages différents. Monet procédait de la même manière. Je me suis ensuite débattu avec les végétations qui cernent le motif depuis l'avant- plan jusque l'arrière plan. Le tableau, commencé dimanche, fut terminé vers 17h30, en deux séances de 4 heures.

    Il y a encore des imprécisions ici et là, mais cela est dû à un manque d'entraînement, d'expérience. Je vois des progrès à chaque toile, et de bonnes choses apparaissent ...en même temps, je vois ce qui doit se perfectionner.

    Face au motif," l'intellectualisme" et les théories, ne tiennent pas. C'est de la pure observation, et de la sensation visuelle... c'est un métier comme disait Renoir... et apprendre à voir, à rendre ce qu'on voit, ou ce qu'on ressent face à ce qu'on voit, avec des boues colorées, ça s'apprend sur le tas ...c'est au pied du mur qu'on voit le maçon...qu'on peut distinguer le croûtard du vrai peintre.

    La peinture, avant d'être une oeuvre de la créativité et de l'imagination, est un travail manuel d'artisan...d'adresse digitale et visuelle qui doit beaucoup à l'inné et à l'expérience.  

    CHATEAU DE AUTOIRE 001.JPG

    Le château de Autoire vu par Edmond Floriani

     

     

     

  • Edmond Floriani (15)

    015.JPGLe voilà qu'il devient mystique à présent. Où s'arrêtera-t-il ?

    Enfin de la lumière!!...toute cette grisaille et cette pluie étaient sur le point de me rendre fou de désespoir...

    Hier, j'ai commencé à peindre le matin de 10h  jusqu'à 18h d'une traite...passant d'une toile à l'autre,  ne me nourrissant que d'un quignon de pain ...si bien que, aujourd'hui après 7h de travail et quelques biscuits sans sucres pour seule nourriture, j'avais enfin ma première toile terminée et l'autre le sera sans doute demain. Quel bonheur de pouvoir se donner à fond dans la course à la conquête de la beauté ! Le plaisir et la joie que j'éprouve à concrétiser mes rêves me tiennent lieu de nourriture...il est des nourritures subtiles, plus spirituelles, qui comblent bien plus que ne le ferait une quelconque nourriture solide... 

    Que de merveilles en germe je vois défiler en  mon imagination et que je me sens capable de réaliser grâce à l'espoir que font naître les premières réalisations... tout est là, attendant le moment et les circonstances favorables pour s'épanouir...il me suffirait de 4 mois de soleil et de travail acharné pour créer les paysages enchanteurs ruisselants de lumière et de couleurs  dont je rêve...

    Merci à toi mon Dieu, toi qui m'offres de vivre de si merveilleuses joies à la mesure du coeur de l'homme épris de beauté...Tu as entendu et comblé mes prières.