La majorité communale à Trooz selon Olivier Baltus

2018 07 09 (28).JPGLa majorité communale à Trooz : « Ils ont quand même bien travaillé » 

C’est la déclaration à laquelle j’ai eu droit ce samedi après-midi au détour d’une rencontre à la sortie d’un magasin de Prayon. Et mon interlocuteur de citer les travaux de réfection de la Place du Marché à Prayon village.

A la réflexion, je ne suis pas d’accord, surtout au vu d’un tel exemple. Quelques précisions au niveau de la concrétisation de ce dossier pour m’expliquer.

On va redessiner la voirie, remplacer les vieux pavés carrés par des Klinkers roses au niveau des trottoirs quelque peu élargis, asphalter la route, planter un arbre, installer un banc et conserver un maximum d’espaces de parking, à la demande insistante d’une majorité des riverains, rassurés d’emblée par les autorités communales lors de la réunion d’information le 4 mai 2017 (j’y étais). Le mérite de la commune aura été de défendre le nouvel arbre et son banc, susceptible d’attirer des jeunes bruyants et indisciplinés comme l’auront fait remarquer quelques-uns. Un constat s’impose : la convivialité, la réappropriation des espaces publics pour des usages plus nobles que le stationnement des voitures, la nécessaire transition vers des modes de déplacement plus durables… ont été complètement occultés. Le bureau d’études n’aura été d’aucune aide dans ces domaines. La Place du Marché de demain sera donc fondamentalement celle d’hier, avec juste un peu de couleurs en plus et des voitures bien rangées. Pas de bon augure pour une série d’autres espaces publics totalement dégradés dans la commune. 

Exactement comme pour les inondations du 1er juin dont je parlais dans un article trois jours plus tard, la responsabilité de cette triste situation est partagée mais il est légitime de questionner celle du politique, car c'est à lui qu’il revient de prendre les décisions qui doivent assurer le bien-être des personnes et de la communauté, et celui des générations qui nous suivront. D’autres dossiers ont été gérés de manière chaotique comme la communication ou le PCDR (développement rural) par exemple, ou sans vision d’avenir et avec un manque de courage et de maîtrise politiques comme les lotissements. J’aimerais rester optimiste, malgré tout, même s’ « ils ont quand même bien travaillé ».

Nouveau venu en politique il y a 6 ans après une année d’engagement et une intense campagne électorale au sein du groupe EcoVa que je quitterai après une année en tant qu’élu (en novembre 2013), j’ai ensuite siégé comme indépendant jusqu’en avril 2017 lorsque j’ai rejoint la coopérative politique VEGA (Vert et à Gauche). Un passage de la (vaste) majorité à l’(étroite) opposition et un parcours un peu atypique jalonné d’apprentissages, de propositions, de satisfactions et de déceptions, mais avec l’honnête volonté d’accomplir sérieusement mon mandat et de toujours faire le mieux possible.

Je n’ai pas représenté obtusément les personnes qui ont voté pour moi ou pour ma formation en 2012 ; ou peut-être que si puisque j’ai essayé de défendre l’intérêt général et de rappeler celui des plus précarisés, en accord avec mes valeurs et en fonction de mes sensibilités et connaissances. Pour tous les sujets dans lesquels je me suis investi, j’ai surtout rappelé l’importance d’inscrire l’action communale dans le long terme. En toutes circonstances, j’ai essayé d’être constructif et j’ai été heureux de travailler, tout au long de ce parcours de candidat puis d’élu communal, avec des gens qui l’étaient également.

L’intérêt général et le long terme.

Le 2 mai 2018, j’appelais les Trooziens à aller voter et surtout à savoir pour qui « Le fête est finie ; que les choses sérieuses commencent » -  Ceci pour trois raisons essentiellement.

1) D’abord parce que les défis auxquels la société doit faire face, à Trooz comme ailleurs, demeurent aussi nombreux et aussi cruciaux. Entre autres : la précarisation d’une partie de la population, la santé du commerce local, la qualité de nos espaces publics, l’attrait de la Grand’Rue, l’urbanisme et la préservation du caractère rural de nos villages, les bonnes relations de voisinage et la solidarité, une mobilité durable, un environnement sain, un avenir pour les prochaines générations, un enseignement inclusif et qui permet de se réaliser, une mixité sociale dans les quartiers, un logement accessible, une police de proximité, des services publics correctement financés et de qualité… 

Concrètement, ces sujets prennent de multiples formes à Trooz : un futur éco-quartier à Nessonvaux dont il faudrait s’assurer qu’il soit vraiment « éco », la restauration de la Place Teixeira au cœur de l’ancienne cité ouvrière à La Brouck, la reconfiguration de la Place Emile Vandervelde à Fraipont en vue de la rendre enfin conviviale et accueillante, les cours de récré tellement peu propices à la curiosité et à l’évasion, les futurs lotissements dont la configuration « boîtes à chaussures en ligne » est complètement dépassée et destructrice, le commerce de la Grand’Rue, l’avenir du château de La Fenderie, les repas dans la future école de Fraipont, les personnes précarisées, un budget participatif par quartier, la concrétisation des actions du PCDR, les sentiers indument accaparés par les riverains, l’égouttage à construire ou rénover, la solitude des personnes âgées, les paysages, la biodiversité, l’intégration du parc d’activités économiques, le civisme et la propreté, la péréquation du revenu cadastral et une certaine convergence fiscale entre les communes, l’objectif d’un taux de recyclage de 65% des déchets ménagers en 2035 et la prévention en la matière, une information efficace du citoyen, des conseillers du CPAS choisis pour leurs compétences, un bon accueil au service de police…

2) Ensuite parce que les partis politiques ont des réponses distinctes à proposer, les uns misant davantage sur le capital humain et les autres sur le capital financier. On vous laisse deviner.

3) Enfin parce que de fin 2012 à aujourd’hui, les 26 élus communaux à Trooz (7 étant partis ont dû être remplacés par leurs suppléants) dont 8 échevins (4 en permanence), présidents de CPAS et bourgmestre se sont diversement investis dans leur mission.

Je ne vous apprendrai certainement rien en disant que personnellement, je fais bien plus confiance aux hommes – et aux femmes – qu’à leur argent, et à choisir plutôt à ceux et celles qui n’en ont ni trop ni n’ont l’ambition d’en avoir trop, parce que l’histoire du monde montre qu’en général ça ne leur suffit pas. De préférence dans un cadre démocratique et règlementaire afin d’éviter que ces mêmes hommes – et femmes – ne s’égarent. Je ne vous apprendrai certainement rien non plus en disant que je choisis la solidarité plutôt que la concurrence, l’investissement dans l’humain plutôt que dans le capital économique, le respect de la nature plutôt que son asservissement. L’état catastrophique de notre planète et les conditions de vie déplorables et indignes de millions de gens, pour ne prendre que ces deux exemples, ne sont jamais que le résultat de la combinaison de l’exploitation des ressources naturelles et de la main d’œuvre, des effets du modèle de développement basé sur la croissance continue (et donc de la consommation de masse et du gaspillage), de la cupidité de l’homme, de sa foi inébranlable dans le progrès technique et de sa propension à se croire hors et supérieur à la nature.

Quant au travail et à l’engagement des uns et des autres élus au cours de cette législature, vous demanderez à des observateurs extérieurs d’en parler. Depuis fin 2013, et pour ma part, j’aurai tendu plus de 500 fois la main aux citoyens au travers d’écrits sur mon blog ; vu la faible affluence du public lors des 60 conseils communaux depuis l’ouverture du bal en fanfare le 3 décembre 2012, peut-être cela vous aura-t-il renseigné. Je me permettrai quand même d’ajouter que lors des élections le 14 octobre, un choix éclairé de votre part légitimerait quelque peu vos futures doléances et récriminations envers le politique.

Baltus Olivier OB 25-05-2018.jpgDans ce texte du 2 mai 2018, il y a donc un peu plus de 2 mois, j’appelais aussi les partis politiques à exposer leurs projets. Manifestement, personne n’est pressé de se manifester. Certainement tout le monde attend-t-il que les jeux soient passés.

En ce qui me concerne, je poursuivrai mon travail à la commune jusqu’à la fin de l’année et ne manquerai pas de m’exprimer lors de la campagne.

En attendant, je lis avec intérêt les idées des Trooziens sur ce blog Sudinfo de Trooz…

Commentaires

  • Tout comme vous, j'attends les idées des Trooziens et plus encore les réponses des candidats. . .

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