Elections 2018... Les primo-votants... Résultats commentés...

Les primovotants.jpgL'enquête relative aux primo-votant(e)s est clôturée.
En voici les résultats commentés.

« Tiens, il y a des élections cette année non ? Tu sais pour qui tu vas voter toi ? ». Qui n’a jamais entendu cette phrase sortir de la bouche d’un ado ?

Les élections approchant, le Blog Sudpresse de Trooz a mis en place un questionnaire afin de sonder les opinions de nos jeunes au sujet des élections et du droit de vote en Belgique. 22 réponses ont été enregistrées, en voici le résumé.

A ce questionnaire, ce sont principalement des Liégeois(es) qui ont répondu, mais nous avons également reçu le vote de 3 personnes venant des régions de Namur, du Luxembourg ainsi que de Bruxelles-Capitale. Concernant les tranches d’âges, les 21 ans l’emportent largement avec 47,6% de participants. Ils sont suivis par les 20 ans (19%), puis les 19 ans (14,3%). 14,4% des votants sont au-dessus des 21 ans, et les 4,8% restants concernaient la tranche d’âge 18 ans.

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Sais-tu de quelles élections il s’agit ?

6 personnes ont répondu qu’elles ne savaient pas de quelles élections il s’agissait, l’une d’elle précisant qu’elle ne regardait pas beaucoup les infos. Pour les 16 personnes restantes, les réponses concernaient majoritairement les élections communales, certains précisant qu’elles se déroulent en octobre, mais nous avons également vu certaines réponses concernant des élections législatives ainsi que des élections provinciales.

A travers ces réponses, nous avons pu observer que les participants ont répondu avec certitude pour la plupart, tandis que d’autres étaient plus hésitants.

Et vous, connaissiez-vous la réponse à cette question ? Si non, sachez que le dimanche 14 octobre ont lieu les élections communales et provinciales belges.

Sais-tu déjà pour qui tu vas voter ?

C’est une question récurrente dans les discussions estudiantines. Voter est une grande première pour les participants de cette étude et 63,6% d’entre eux ne savent pas encore à qui leur vote sera destiné, contrairement aux 36,4% restants.

Certains préciseront, dans les questions suivantes, qu’ils ne savent pas pour qui ils voteront, mais savent pour qui ils ne voteront pas.

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Est-ce que la politique t’intéresse en règle générale ?

Qui n’a jamais entendu dire que les jeunes ne s’intéressaient plus à rien ? 54,5% de nos participants ont répondu qu’ils suivaient la vie politique. Quelques-uns ont même précisé qu’ils se sentent concernés, non seulement par la vie politique belge, mais aussi par la vie politique étrangère et internationale.

Sur quoi vas-tu baser ton vote ?

Il est intéressant d’observer que contrairement aux idées reçues, les primo-votants ne suivent pas forcément l’opinion parentale. Même si quelques participants ont répondu qu’ils suivraient l’opinion politique de leur famille ou du moins s’en inspireraient, la plupart ont répondu qu’ils baseraient leur vote sur des éléments extérieurs au cercle familial. Certains en parleront avec leurs amis, d’autres se fieront aux programmes électoraux. D’autres encore préfèrent se fier à leurs opinions et voir les partis dans lesquels ils se retrouvent le plus.

Dans ces réponses, nous avons pu observer que les jeunes ont une réelle envie d’information. Ils veulent agir en connaissance de cause et savoir réellement à qui leur vote sera donné et justifier cela par des éléments concrets, se retrouvant soit dans une idéologie, soit dans un programme électoral, ou encore, dans une personnalité politique qui leur plaît.

Les médias font aussi partie intégrante des modalités d’informations, E.H. (21 ans) nous dira «Je vais baser mon vote sur mes opinions et sur ce que j’entends dans les médias, je n’ai pas le temps de chercher après le programme qui correspond exactement à mes attentes ».

S.F, 19 ans, précisera qu’il basera son vote sur « (…) les orientations politiques, mais aussi sur les coalitions mises en place. Malheureusement, la droite et la gauche vont s’allier dans ma commune (Beyne-Heusay), ce qui, pour un électeur aussi bien de droite que de gauche est « inconcevable » dans la mesure où leurs idées sont par définition opposées. ».

Certains ont précisé certains critères qui, pour eux, sont importants tels que l’intérêt pour l’environnement ou le programme concernant l’enseignement.

Y a-t-il des faits qui peuvent te faire voter pour un parti plutôt qu’un autre ?

Si 4 personnes ont répondu « non », le reste des participants se dit influencé par certains événements. Publifin, les autres scandales politiques récents, la couleur du parti, le fait que le programme comprenne les citoyens et s’adapte à leur style de vie, la place donnée à l’environnement et l’enseignement, la présence d’un parent en politique, le refus de voter pour des extrémistes (quelle que soit l’extrême) et la composante du programme sont autant d’éléments qui ont été cités par nos jeunes primo-votants lors de ce micro-trottoir informatique.

Le vote doit-il rester obligatoire selon toi ?

Si 4 personnes sont pour l’abolition de l’obligation de vote, les jeunes primo-votants restants sont plus mitigés.

Julien S., 21 ans : « Non, on doit pousser les gens à se prononcer mais pas les obliger. Les non-votants devraient d’ailleurs être pris en compte pour permettre d’exprimer sa non-confiance dans le corps politique. Au lieu d’obliger, on devrait expliquer pourquoi et comment le vote est important ».

Certains d’entre eux estiment que le vote doit effectivement rester une obligation.

A.N., 21 ans : « Pour moi c’est un devoir et ça doit rester une obligation, chacun doit s’exprimer et dire qui il veut comme dirigeant car ça concerne la population entière. De plus ça permet d’éviter d’avoir des gens qui se plaignent mais qui n’ont pas été voter ».

F.B., 21 ans : « Malheureusement oui. Pour éviter que les votes manquants ne profitent aux extrêmes, qui en cas de fort taux d’abstention, ont tendance à gagner en pourcentage de voix ».

Tandis que certains de nos votants sont plus hésitants face à cette question.

  1. Thirion, 23 ans : « C’est tout un débat. Je pourrais dire oui car cela incite tout le monde à aller voter et peut-être à avoir des résultats plus équilibrés. Cependant, dans un autre sens, ceux qui n’en ont rien à faire, s’ils ne vont plus voter, ça pourrait permettre d’avoir une politique plus ciblée sur les attentes de ceux qui votent vraiment pour quelque chose ».

S.P., 20 ans : « Oui, il faut mobiliser tout le monde pour le vote, le choix de nos gouverneurs doit être un droit mais aussi une responsabilité qui doit être porté par chacun d’entre nous ».

V.B., 18 ans : « Je ne sais pas. Je pense que l’obligation est à double tranchant : 18 ans c’est peut-être un peu jeune. En rhéto, beaucoup de personnes de ma classe n’étaient pas intéressées du tout par la politique et je pense donc que certaines personnes votent par obligation mais ne réfléchissent peut-être pas spécialement aux conséquences des votes. D’un autre côté, ça force peut-être certaines personnes à s’intéresser à la politique. A mes yeux, l’obligation de voter peut être une bonne chose pour que certaines personnes s’intéressent à la politique mais j’ai également certains doutes ».

Voter est-il important selon toi ?

Ecrasante majorité de « oui » pour cette question ! Selon nos primo-votants, voter est primordial non seulement car cela permet de faire entendre sa voix et de choisir qui seront nos dirigeants, mais aussi parce que nos ancêtres se sont battus pour ce droit. Le fait que ce droit n’est pas présent dans tous les pays mais bien dans le nôtre est aussi un élément qui est ressorti de cette enquête. 

Certains nuancent cependant leur propos en évoquant la perte de confiance qu’ils vivent à l’encontre des personnalités politiques ou en expliquant que leur vote ne changera pas grand-chose.

Que signifie l’action de voter pour toi ?

Devoir, chance, liberté, démocratie, faire entendre sa voix, droit, s’impliquer dans la vie politique de sa région/province/ville sont autant de critères qui ont été énoncés.

S.P., 20 ans nous dira « C’est un système important qui doit être préservé malgré les promesses non tenues des personnes élues, qui est source de déception. Voter c’est s’exprimer sur le choix de notre mode de vie, sur ce qui est important pour nous, choisir notre sécurité, qui reste selon moi la plus fondamentale des libertés avec le droit de s’exprimer à travers ce vote ».

V.B., 18 ans : « Je trouve ça bien parce que ça nous permet de faire entendre notre voix. C’est sûr qu’en Belgique, même si on vote pour tel parti, nous ne sommes jamais sûrs avec le système de coalition mais de toute façon, ça reste, à mes yeux, important de voter. C’est plus une action symbolique. Dans le sens où si on vote, on peut donner notre avis : soit on est en accord avec la politique actuelle et on veut une continuité ou alors on préfère avoir du changement ».

Quel est ton ressenti par rapport au fait d’aller voter pour la première fois ?

Les ressentis sont extrêmement partagés. Ils partent de l’excitation à l’anxiété, tout en passant par du stress, de la curiosité, ou de l’ennui. Une personne a fait part de sa peur d’être appelée comme assesseur, une autre nous dira qu’elle ne se sent pas assez préparée et regrette de ne pas s’être informée plus tôt. Plusieurs répondants se sont dit perdus, certains précisant qu’ils trouvent ne pas être assez informés.

S.F., 19 ans : « Je m’en réjouis, mais je suis dépitée de voir que mon vote ne changera pas beaucoup de choses quant à la « monarchie absolue » installée dans ma commune. Il n’y aura rien de nouveau sous le soleil après les élections »

Veux-tu ajouter quelque chose ?

Cette dernière question laisse ainsi carte blanche à nos primo-votants, afin qu’ils puissent s’exprimer ouvertement.

S.P., 20 ans : « La politique est quelque chose de bien trop complexe pour n’être comprise qu’à travers les campagnes de pubs des personnes qui veulent se faire élire, et je regrette sincèrement qu’on ne trouve pas plus d’information ou de documentation sur ces mêmes personnes et leurs projets avec l’avis sur ces projets de personnes expertes sur le sujet provenant de sources extérieures à ces personnes ».

V.B., 18 ans : « Je ne voudrais pas abolir l’obligation de vote mais peut-être plutôt réfléchir à l’âge ou alors demander aux écoles d’organiser de temps en temps des ateliers pendant lesquels des élèves pourraient être sensibilisés à la politique ».

Julien S., 21 ans : « Le système électoral actuel n’est plus bon, il n’est plus satisfaisant dans notre système (moyennement) démocratique ».

Alexia R., 20 ans : « Je pense que le vote qui est peut-être une « bête action » pour certain est en fait une action utile et nécessaire à la société qu’il faut faire de manière réfléchie ».

A.C., 21 ans : « Je trouve dommage que des alliances se forment entre partis. Si je vote pour X et pas pour Y il y a bien une raison, je n’ai pas demandé à ce qu’ils s’associent pour évincer Z. Si Z a eu son quota de voix, il me semble logique qu’il ait sa place ».

Pour retrouver l’ensemble des réponses, cliquez ici pour être redirigé vers l’article récapitulatif précédent et à bientôt pour un autre sujet d'actualité.

Merci de noter également que dorénavant tous les articles consacrés aux élections 2018 seront insérés dans la catégorie ci-contre intitulée "Elections 2018".

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