La Fuite en avant avec Bernard Blier et Michel Bouquet... tourné à Trooz

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En septembre 2014, un défi avait été lancé aux habitants de Trooz et d'ailleurs afin de retrouver un maximum d'informations concernant un film qui avait été tourné en partie sur le site de la Fenderie à Trooz dans les années 80. 

De nombreuses personnes, dont notamment Jean-Marie Bastin et Claude Legros-Collard, avaient participé aux recherches afin de fournir de précieuses photos reproduites dans l'article mais également documents et anecdotes.z Michel Bouquet et Bernard Blier3.jpg

Ces articles vous sont proposés en résumé ci-après mais la bonne nouvelle est que vous pouvez visionner ce film en cliquant sur le lien https://ok.ru/video/95994710766 

Ce film s’intitulait « La Fuite en avant », voire peut-être « Le Compromis ».

Bernard Blier et Michel Bouquet y tenaient un rôle. Pour l’anecdote, un des acteurs avait réalisé un dessin sur un des murs dans le bâtiment de la Fenderie à Trooz et l'avait signé. 

« La Fuite en avant » ou « Le Compromis » est un film franco-belge réalisé par Christian Zerbib, inachevé en 1977, il est sorti en salle en France le 26 janvier 1983.

Bernard Blier y tenait le rôle de René et Michel Bouquet celui de Vanderkeulen.

Vous retrouverez une brève présentation de ce film en cliquant ici. 

Pourquoi avoir effectué ces recherches en 2014 ?

z Michel Bouquet 1.JPGC'était une visiteuse du blog qui m'avait interpellé à l'époque auz Film 11 grevistes 3 (1).JPG sujet du...Syndicat d'initiative de Trooz et me demandait si je savais si le Syndicat d'initiative savait (vous suivez ?) que, dans les locaux qu'ils occupaient alors à la Fenderie, dans l'attente d'intégrer le site actuel de la gare de Trooz, un film avait été tourné à Trooz, sur le site de la Fenderie, dans les années 80 ou un peu avant. Avec, à la distribution, les deux acteurs connus ("people" comme on dit maintenant car le français, comme bien d'autres choses relatives à notre culture et notre identité, se perd) cités plus haut. La personne s'étonnait (nous sommes en 2014) que le Syndicat d'initiative ne se serve pas de cet événement historique pour un peu sortir de la discrétion dans laquelle il semblait engoncé (nous sommes en 2014) et, de la sorte, faire sa pub.  

J'avais donc fait un appel à l'équipe (vous) et plusieurs personnes m'avaient contacté. Grâce à celles-ci, j'avais pu réunir quelques documents et anecdotes sur ce film qui, quelque part, fait quand même partie intégrante de l'histoire de Trooz et de son passé ouvrier en particulier.

Revisitons dans l'ordre le parcours accompli en 2014

Début septembre 2014, deux articles relatifs à un film tourné à Trooz et intitulé "La Fuite en avant" ont été publiés sur ce blog. J'ignorais tout de ce tournage mais, l'ayant appris, je me suis dit que ce serait bien de faire resurgir cet épisode de la vie de Trooz d'un passé pas trop éloigné et de le partager avec les visiteurs de ce blog. Le défi était lancé, voyons les résultats. 

LA FUITE EN AVANT   LA FENDERIE

Quelques extraits d'un document produit par Jean-Marie Bastin à l'occasion des Journées du Patrimoine 2011 nous permettront de mieux cerner le site de la Fenderie. Il est important d'en retracer un bref historique car il cadre avec le sujet du film (nous y reviendrons évidemment). 

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Photo prise par Léon Piec

"La maison dans laquelle j'ai vécu était la propriété du fondateur des laminoirs à zinc de la Fenderie, l'ingénieur liégeois Alfred Ancion", explique tout d'abord Jean-Marie Bastin.

DSC_0015.JPG" C'est le 6 septembre 1897 que les cylindres d'acier se mirent pour la première fois en action. A l'époque, il existait trois maisons attenantes qui ont été rasées vers 1913 pour y construire la maison actuelle. L'usine cessa ses activités en 1969 et mon père géra son démantèlement. Ses patrons lui permirent d'occuper ce numéro 3 jusqu'à l'achat des biens par l'Administration communale de Trooz en 1975. La vie de la Fenderie n'appartient pas aux livres d'histoire. Elle appartient à l'histoire de ces hommes en bleus de travail. Que de marteaux, de cliquetis d'enclumes, de résonances de "makas", de roulements sourds de cylindres de laminoir sur ce bout de terrain depuis le 30 octobre 1579 quand un certain Johan de Spa le Jeune acheta ce pré pour y établir une fenderie. Au fil du temps s'ajoutèrent d'autres terres pour arriver à une date particulière : Jean Hellincx hérita de ses parents de la fenderie de Trooz un 10 décembre 1643. Et moi, j'y suis né, jour pour jour, trois cents ans plus tard", sourit un Jean-Marie Bastin, toujours très attaché à ces pierres.

"Vers cette date, la mention "Sous Beaufort-lez-Trooz" apparut sur chaque acte de vente ou d'achat et le premier nom du château construit en 1685 fut "Château de Beaufort".

Et Jean-Marie Bastin de compléter : "Victor Hugo le remarqua quand il parcourut la vallée en 1837, en 1840 et en 1864, en compagnie de sa maîtresse et muse, Juliette Drouet mais ce ne fut pas le théâtre d'un de ses romans."

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Bernard Blier

LA FUITE EN AVANT   LE FILM...distribution

En juin 1977, un événement particulier est survenu sur le site de la Fenderie. C'est par un matin pluvieux que Christian Zerbib entouré de toute son équipe installa ses caméras pour tourner dans l'usine désaffectée, dans la grande cour pavée et dans la maison, de nombreuses séquences de son film "La Fuite en avant" avec notamment à la distribution, deux monstres sacrés du cinéma français, Bernard Blier et Michel Bouquet. Il est à noter que ce film porta tout d'abord comme titre "Le Compromis" avant de changer. 

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Michel Bouquet

Les premières images du film (copies d'écran) que, pour rappel, vous pouvez voir dans son intégralité en cliquant sur le lien https://ok.ru/video/95994710766 :

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Générique technique :

Réalisateur Christian Zerbib 
Assistant réalisateur Claude Berkowitch 
Assistant réalisateur Philippe Antoine 
Scénariste Christian Zerbib 
Société de production Elisa Productions 
Société de production Z Productions 
Producteur délégué Alain Pierlot 
Producteur délégué Christian Zerbib 
Distributeur d'origine Naja Films 
Directeur de la photographie Jean-Claude Neckelbrouck 
Ingénieur du son André Brugmans 
Décorateur Jacques Van Nerom 
Monteur Henri Colpi 
Monteur Christiane Gauthier

Générique artistique:
Bernard Blier (René)
Michel Bouquet (Vanderkeulen)
Nicoletta Machiavelli (Fiama)
Yves Beneyton (Michel)
Laura Betti (Léonide)
Jacques Denis (André)
Roger Van Hool (Deroud)
Claire Wauthion (Louise)
Roger Jendly (Storm)
Frédérique Hender (Lucette)
Amédée (Paul Spire)
Jacques Ansion (le marionettiste)
René Hainaux (Snaide)
Michel Lechat (le concièrge)
Raoul de Manez (Monsieur Venzel)
Pierre Manuel (Debru)
Joseph Cornet (Émile)
Nourdine Chaoud (Roberto)
Lucien Foidebise (le chef de l'intergarde)
Yvette Merlin (Mme Delvaux)
Louise Rocco (Mme Vanderkeulen)
Raoul Demanez (M. Venzel)
Roland Mahauden (Clint)
Carine François 

LA FUITE EN AVANT   Le grand résumé...

La banlieue de Liège. La pluie, la brume, une petite entreprise qui fabrique des panneaux de signalisation routière. Depuis toujours, René y est employé comme chauffeur de la camionnette, donc un peu indépendant de ceux qui travaillent dans l'usine. Ainsi, les revendications syndicales ne font guère partie de ses préoccupations. Pourtant, Simone, sa femme, travaille à la chaîne dans l'entreprise.

Mais René, à quelques mois de la retraite, demeure en dehors. Comme il semble d'ailleurs en dehors de tout, loin de ses enfants - Louise, infirmière, qui, enceinte, a choisi d'élever seule son enfant; Michel, étudiant en droit, inscrit au parti communiste -, loin d'un monde qu'il ne comprend plus.

Fiama, elle aussi, ne comprend rien. Italienne, amie de Louise, elle est venue en Belgique pour reconnaître le corps de Venanzo qu'on a retrouvé dans le canal. Un meurtre, sans doute. Pourquoi? Deroux, le journaliste local, cynique et blasé, semble savoir quelque chose. Mais il parle beaucoup.

Un jour, un accident survient à l'usine. Simone a un bras coupé. Sous l'impulsion d'André, délégué syndical, le personnel se met en grève. L'opposition entre Vanderkeulen, patron de cette entreprise qu'il tient de son père, et Storm, directeur-adjoint, technocrate et arriviste, se fait alors plus grande encore: Vanderkeulen cherche à comprendre; Storm cherche à vaincre. Ils sont néanmoins séquestrés tous les deux, pendant que René, perturbé par tous ces événements, se met à boire et tente de recommencer sa vie. Peine perdue à son âge. Pour la première fois de sa vie, il devient violent et lance une grenade contre l'usine. Quant à Fiama, dans le train qui la ramène vers l'Italie, elle subit une agression... 

Bref, il s’agit d’un travailleur qui vit une vie tout à fait normale avec sa femme et son enfant mais il constate que sa situation professionnelle se dégrade progressivement, ce qui l’amène à se réfugier dans l’alcool. Ce thème peut non seulement cadrer avec la réalité sociale de l’époque, mais n’en est-il pas de même de nos jours ?

Copies d'écran de scènes du film

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Bernard Blier se prépare un café mais...

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...il avale la bonne bière belge d'une traite

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avant, quand même, de boire le café !

LA FUITE EN AVANT   Vos souvenirs...

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"Le Compromis" est devenu "La Fuite en avant". Quelqu'un en connaît-il la ou les raisons ?

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Quelques souvenirs rapportés par nos concitoyens

C'est Judith Titeux qui, avec sa famille a occupé la maison dans laquelle a eu lieu une partie du tournage à la Fenderie qui nous rapporte une première anecdote.

« Il y a plus de 35 ans, il y avait bien un dessin, réalisé aux crayons et signé par une immense star, meilleur acteur que dessinateur visiblement. Je m'en souviens très bien puisqu'il se trouvait sur un des murs de ma chambre de jeune fille, à l'époque où nous habitions mes parents, frères et soeurs à la Fenderie. Mais cette pièce a été rafraîchie plusieurs fois, tapissée, détapissée , retapissée , repeinte... Imaginez en presque 25ans d'occupation des lieux par ma famille, donc le clown triste de Monsieur Alain Delon n'existe plus depuis belle lurette. C’est ma maman, mon frère et moi qui l’avions découvert en 1978. Pensée pour ma maman là-haut ! » 

En 2014, Claude Legros-Collard nous informait que, dans le film, Bernard Blier habitait au 27, Rys de Mosbeux. Jean Harray signalait que parmi les figurants, il y avait aussi madame Florence Geurts, sa voisine qui avait plus ou moins 70 ans à l'époque et qui habitait "sur les Vennes". Il a aussi beaucoup cherché ce film mais sans succès ! Et Dany Mosbeux se souvenait de scènes tournées à la gare de Trooz dans lesquelles apparaissent le Monument aux Morts ainsi que l’énorme lion tandis que Jean Timmers rappelait que Bernard Blier venait faire le plein à sa station d'essence.

Quelques extraits (copies d'écran du film). 

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Les grévistes distribuent des tracts près du petit pont de la Fenderie

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René (Bernard Blier) les ignore superbement, comme il sait si bien le jouer.

C’est avec plaisir d'avoir effectué ces recherches pour vous présenter une synthèse du passage de deux personnages du cinéma français, à savoir Bernard Blier et Michel Bouquet, à Trooz, sur le site de la Fenderie.

Ce film, « La Fuite en avant », s’il n’a pas connu le même succès que, à tout hasard, « Les Barbouzes », permet quand même à plusieurs habitants de notre commune de se souvenir et même, pour certains d’avoir participé. 

Revenons notamment sur la maison située au 27, Rys de Mosbeux, à Trooz où, pendant le film, Bernard Blier habitait.

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Il fait noir, Vanderkeulen, le patron (Michel Bouquet) reconduit à son domicile René (Bernard Blier) dont la femme vient d'être victime d'un accident à l'usine. René rentre par le garage. 

Et, ci-après, la même habitation, occupée par Claude Legros-Collard, qui a accepté de jouer le rôle de Bernard Blier rentrant par le garage et ce, pour un cachet probablement moindre, rassurez-vous.

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 " La petite barrière blanche a disparu mais c'est toujours la même porte", nous assure-t-il.

Comment ne pas mettre également sous les feux des caméras, Jean-Marie Bastin, à qui nous devons de nombreuses photos postées dans cette série d’articles.

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« Ma seule prestation comme figurant dans ce film se situe justement quand Blier ignore les distributeurs de tracts avant de traverser le pont de la Fenderie. Je devais prendre un tract et suivre le mouvement de Blier et des ouvriers qui se rendaient au travail. J'apparais furtivement et de dos (veste claire) dans le film. Ce n'est pas là un grand exploit cinématographique mais cela reste un souvenir particulier étant donné que j'étais à quelques pas d'une gloire de l'écran dans des lieux qui m'étaient familiers. A cette époque, en Wallonie, il était rare d'assister à des tournages de films avec des vedettes comme Blier et Bouquet. 

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PS: C'est Marie Renaux (Je crois qu'elle était assistante du metteur en scène.) qui avait signalé à la production la possibilité de tourner dans cette usine désaffectée de la Fenderie. Marie Renaux est née le 27.04.1950 à Seraing mais elle a habité longtemps au 47 de la rue Rys de Mosbeux. J'ai trouvé ces renseignements dans la liste des électeurs communaux de 1975. Je ne sais pas ce qu'elle est devenue après ce film. Dommage parce que, avec elle, vous auriez connu l'envers du décor. »

Et voilà, si quelqu'un connaît Marie Rénaux...  

 

 

 

Commentaires

  • J'ai un doute sur l'année, pour moi c'était en 1977, j'habitais toujours Prayon !

  • Oui, tourné mais inachevé en 1977 et sorti en salles en 83 donc peut-être terminé début années 80

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