Tony Cavaleri... Le Gorille ou le Rital des rings ?

2017 12 10 (33)nb.JPGMais qu'était venu faire un gorille au Marché de Nessonvaux organisé par la Mante Belge ce 10 décembre 2017 à Nessonvaux ?

Le plus simple était de le lui demander au gré d’un entretien qui est parti dans tous les sens, tant il est difficile de définir notre interlocuteur tellement sa palette d’activités est vaste et variée.

Tony Cavaleri, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a aujourd’hui plus qu’atteint l’âge de la retraite puisqu’il affiche avec bonheur ses 67 ans, ce qui ne l’empêche pas d’être toujours actif dans bien des domaines.

« Si je suis venu à Nessonvaux, c’est tout simplement par sympathie, pour saluer mon ami José Magnée mais je serai également présent au Marché de Noël de Péry », répond-il avant de se montrer disponible pour un entretien qui nous permettra de mieux cerner le personnage. Mais par où commencer ? Allons-y, remontons le temps…

2017 12 10 (20).JPGComment avez-vous connu José Magnée ?

« José est un maître d’arts martiaux importants que je connais depuis plus d’un quart de siècle.  C’est une amitié virile, d’homme à homme qui est née, une amitié sportive. En 1992, le 23 mai, la dernière fois où on a fait du catch au Palais des Sports de Coronmeuse, José Magnée et ses élèves de la Mante Belge étaient venus faire une démonstration sur le ring. Ce fut notre première rencontre. Il faut savoir que dans les sports de combat en particulier, il y a un socle solide et fertile pour l’amitié. Dans les arts martiaux en général, le respect de l’adversaire existe, le respect du lieu où on combat existe et le respect des règles aussi. Des bandits, sur un tatami ou sur un ring, il n’y en n’a pas. »

catch1.jpgLes arts martiaux font donc partie intégrante de votre vie aussi.   

« Ah que oui. Ma jeunesse a été baignée dans la lutte gréco-romaine. Je m’entraînais à la Sauvenière à cette époque. Et puis, j’ai décidé d’arrêter de boire et de fumer en 86 et 87 pour poursuivre dans ce sport. J’ai alors basculé dans le catch parce que, en Allemagne, ils avaient besoin de catcheurs sur les foires. J’ai commencé à Dusseldorf. Il fallait une image très colorée d’un Italien et j’ai accepté et là, à partir de 1990, le catch professionnel a été une de mes passions. On m’appelait le Rital des rings. »

Parfois gorille aussi, pourquoi ?

« Le gorille, il y a un clin d’œil Lino Ventura bien entendu et puis il y a une gueule à la Lino mais, en réalité, c’est une anecdote que peu de gens connaissent et que je dévoile dans mon roman « Le Gorille ».  En 1984 ou 85, je ne me rappelle plus, j’avais été arrêté dans une bagarre dans un café et j’ai été enfermé. J’ai dû passer la nuit derrière les barreaux. Les gendarmes, c’étaient encore les gendarmes à cette époque-là, se moquaient de moi en me disant que j’avais l’air d’un gorille et c’est resté. C’était au café Le Milan à Grâce-Berleur, un jour de Noël. »

Et, après une courte respiration, Tony d’encore se projeter dans le passé pour relater ses origines. « Je suis né en Belgique. Je suis fils d’immigrés siciliens et fier de l’être. Ceux-ci sont venus en 1947, à l’époque où les mineurs italiens étaient échangés contre du charbon. Mes parents proviennent de Favara. »

Et, dans la foulée, Tony de revisiter son enfance qu’il définit clairement en deux périodes.

« J’ai été élevé chez les sœurs », avance-t-il. « Je proviens d’une famille de sept enfants. C’était moi le plus difficile et j’ai été placé à Theux dans un institut pendant 5 ans et demi. Là, j’ai reçu une éducation catholique, stricte et laborieuse, dans le sens du mot travail. Education axée également sur l’apprentissage du respect. Quand je suis revenu de Theux, c’était en 1958, j’ai connu mon premier ami, Guy Gallo. J‘avais 8 ans, lui 10 et ça a été une enfance merveilleuse. » Et les yeux de Tony s’allument de mille feux quand il revient sur cette partie de son existence. « J’ai appris avec lui la maraude, l’école buissonnière, tous les coups fourrés des gamins de notre belle époque des années 50 à 60. Donc, en résumé, tout d’abord j'ai profité d'une enfance stricte puis, ce fut la belle enfance avec en quelque sorte… échappée libre. Il fallait un peu équilibrer », ajoute-t-il en souriant avant d’entamer sa vraie vie de travailleur qu’il poursuit encore à l’heure actuelle.

« L'adolescence m'a alors fait rentrer dans l'apprentissage du métier. J’ai commencé à travailler très tôt, à l’âge de 14 ans et demi comme coursier chez Cockerill. Ensuite je suis passé comme apprenti menuisier puis coffreur de 1968 jusque 78 avant de devenir entrepreneur dans la construction pendant 40 ans. J'étais indépendant, j'avais des ouvriers. Pendant les 25 dernières années de mon métier d'entrepreneur, j'ai commencé à développer des inventions. »

C'est ainsi que pendant de nombreuses années, et encore maintenant, Tony Cavaleri se signale dans le domaine de la créativité et de l’invention. Il a d’ailleurs, à ce jour, remporté 22 médailles d’or dans des salons internationaux. La majeure partie de ses trouvailles comportent la mention CAVA… plus quelque chose. « La raison en est simple », justifie-t-il, « quand j’étais gamin, on m’appelait Cava donc voilà. »

C’est ainsi qu’on peut notamment citer le Tank-Cava, un système permettant la récupération des eaux des bains, des eaux usées pour alimenter les chasses d’eau. « C’est à la fois économique et écologique », précise-t-il en ajoutant que le Tank-Cava, susceptible de réduire aussi le prix de l’eau sera réalisé en Chine parce qu’ici, en Région wallonne où il s’estime snobé, il déplore ne pas avoir eu un soutien. Mais ce n’est pas là sa seule invention puisqu’il a mis au point et en chantier une cinquantaine de projets les plus divers.

passage pietons.jpgOn peut également mentionner son passage pour piétons lumineux, sa raquette de tennis à manche ergonomique, des espaces hygiéniques canins…

Tantôt catcheur et tantôt inventeur, Tony Cavaleri ce véritable Géo Trouvetout de Grâce-Hollogne est aussi romancier et 2017 12 10 (3).JPGproducteur. Dans le monde d’édition, il a créé un livre accessible aux voyants et non-voyants. Un même livre que l’on peut partager en famille puisqu’écrit aussi en braille ----->

Tony Cavaleri ne se situe pas comme un scientifique mais plutôt comme un inventeur domestique. « Une invention nait de la rencontre d’un problème non-résolu et d’une astuce pour le résoudre », dit-il en toute simplicité avant de rebondir sur son produit récent, un petit dispositif anti-ronflement qui a été conçu partiellement ici mais intéresse tout particulièrement les Américains. « Je pars aux Etats-Unis, à Cincinnati, au mois de janvier pour entamer le déploiement industriel. C’est d’ailleurs là-bas qu’on a effectué les tests cliniques. »

Et pour en terminer, quelques mots au sujet du projet de film inspiré par « Le Gorille » ? (interview en préparation)

« Le dossier du film est en cours. Le Gorille est sur les rails. Il est en train d’être monté pour être présenté à Cannes au marché du film. »

Des grands noms tels notamment Sharon Stone, Vincent Castel et Jean-Pierre Mocky sont cités.

Ajoutons enfin que Tony Cavaleri est aussi Ambassadeur de la Province de Liège ce qui devrait lui permet d’accroître encore davantage son rayonnement.

En préparation sur votre blog, l'interview commune de Tony Cavaleri (Le Gorille) et de Georges Degryse (Justice froide... témoins protégés) qui vous expliqueront pourquoi ils se sont lancés dans l'écriture en publiant chacun leur roman qui pourraient par ailleurs très bientôt passer sur grand écran de cinéma...   

Par ailleurs, vous pouvez vous procurer ces deux ouvrages au Marché de Péry. Précipitez-vous y ces samedi 16 et dimanche 17 décembre 2017.

Commentaires

  • Il est vrais qu'on resterait des heures à papoter avec Cava, tellement l'homme est fascinant dans plus d'un domaine. Je l'ai rencontré à La Mante Belge l'an dernier. Beau clin d'œil à Lino, son roman !
    Très bon et beau reportage, Monsieur Charles.

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