« Anne FRANK, une histoire d'aujourd'hui »... Entretien avec Christine Loreau

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A la suite et en complément au  premier article relatif à l'exposition consacrée à Anne Frank à l'Athénée royal de Chênée (voir ici), ci-dessous, un entretien avec  Christine Loreau, Responsable de la Maison Anne Frank en France et en Europe francophone.

 

 

 

 

 

Anne Frank (52).JPGMadame Loreau, pouvez-vous vous présenter ?

« Je suis Française, ancienne enseignante qui a quitté son travail pour rejoindre l’équipe de la Maison Anne Frank et je suis, depuis une dizaine d’années, la correspondante en Europe francophone de la Maison Anne Frank. »

Où est située la Maison Anne Frank ?

« La Maison Anne Frank, c’est un musée mais aussi une organisation internationale qui est basée à Amsterdam. Je travaille essentiellement sur toute la France, la Belgique francophone et la Suisse francophone, la Suisse romane, quoi ».

Un mot sur cette exposition, au plan large

« C’est une exposition itinérante internationale. Elle existe dans cinquante à soixante pays du monde. Par exemple, vous savez il y a certains pays dans lesquels on peut travailler mais pas toutes les années. L’exposition a ainsi fait une brève incursion en Chine mais ce n’est pas possible tous les jours. Mais chaque fois qu’on le peut, on est un petit peu francs-tireurs. On essaye néanmoins d’aller dans de nouveaux pays. »

Quand a-t-elle démarré ?

« Elle a démarré il y a vingt-cinq ans. Pas exactement la même parce que les expositions, tout comme les formations, évoluent tout le temps. Aujourd’hui, on atteint autant de visiteurs à Amsterdam que de visiteurs de l’exposition dans le monde. Un million et demi par an et plusieurs milliers de jeunes que nous formons. »

Et aujourd’hui, à l’Athénée de Chênée ?

« On a depuis un an un partenariat avec un centre de formation continue pour les enseignants qui s’appelle le CAF et se trouve à Huy-Tihange et ce partenariat fait que l’on a des contacts réguliers avec deux formatrices, l’une qui est historienne et l’autre qui est éducatrice. Elles sont donc deux formatrices pour les enseignants. Nous leur déléguons des formations qu’elles font avec des jeunes, dans les établissements scolaires pour former ces jeunes à ce qu’ils soient les guides sur l’exposition. Ce sont des jeunes qui ont généralement l’âge d’Anne Frank lorsqu’elle écrivait, à savoir entre quatorze et seize-dix-sept ans. Ils reçoivent une formation qui est très axée sur l’éducation citoyenne, sur les valeurs des droits de l’homme, sur les valeurs de la démocratie, sur une réflexion sur l’histoire.

Bien sûr, ils apprennent l’histoire, l’histoire d’Anne Frank aussi, la grande histoire aussi, celle de la Deuxième Guerre mondiale, de la Shoah… Ils apprennent aussi à promouvoir des valeurs qui, on l’espère, devraient leur permettre de protéger l’avenir de nouveaux génocides, de nouvelles guerres ou de nouvelles horreurs. »

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C’est quelque part un vaste devoir de mémoire ?

« C’est plus qu’un devoir de mémoire parce que dans « devoir de mémoire », il y a le mot « devoir », c’est comme une obligation. Et eux, le vivent comme une obligation intérieure, c’est-à-dire comme un devoir qu’ils se donnent à eux-mêmes et non pas un devoir qu’on leur donne, ça c’est important.

Pour la Maison Anne Frank, le jeune est vraiment au cœur de l’apprentissage et on avance avec lui ou avec elle de façon à ce que cette histoire acquise, comprise, lui permette de grandir et de penser les liens entre ce passé et le présent. Si on ne veut pas que les choses se reproduisent, il faut transmettre la Mémoire mais ça ne peut pas se faire simplement par des injonctions à la jeunesse, il faut aussi qu’ils en comprennent l’intérêt et la portée. Et je pense qu’on fonctionne avec des ateliers de pédagogie active. C’est-à-dire qu’on n’est pas dans un chemin scolaire même si on est dans un établissement scolaire. Bien sûr, ils apprennent énormément de choses mais ils ont l’impression d’apprendre en faisant et pour eux, c’est une manière peut-être plus ludique, plus facile d’apprentissage. Manière peut-être un peu différente et ils sont particulièrement motivés. Ce sont des jeunes qui se sont tous portés volontaires. La rentrée scolaire n’était pas encore effectuée que depuis lundi, ils sont déjà là alors que certains d’entre eux ne commencent la classe que demain par exemple. Ils sont venus sur leur temps de vacances, ils sont au courant du projet depuis le mois de mai. Ils ont été sensibilisés par les enseignants et se sont portés volontaires. Donc, c’est vraiment un projet de jeunes qui s’engagent. »

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Et dans votre cas, qu’est-ce qui vous a motivée à embrasser cette fonction ?

« Une passion pour l’histoire, un intérêt pour la pédagogie développée par la Maison Anne Frank. J’ai enseigné l’histoire pendant trente-deux ans, d’une manière plus classique évidemment et travailler avec des jeunes volontaires, aussi motivés, aussi pétillants, aussi intelligents, c’est un vrai plaisir. C’est une pédagogie tout à fait innovante, avec des outils pertinents, me semble-t-il. J’en ai vu beaucoup dans ma carrière et ce que j’ai trouvé là, c’est un véritable bonheur. »

Anne Frank (83).JPGPourriez-vous synthétiser l’histoire d’Anne Frank ?Anne Frank (91).JPG

« Anne Frank est une adolescente, juive allemande, qui a dû fuir l’Allemagne avec sa famille alors qu’elle n’avait que quatre ans, quand Hitler est arrivé au pouvoir. Ses parents ont fui l’Allemagne et trouvé refuge aux Pays-Bas, à Amsterdam. Et malheureusement lorsque la fillette avait une dizaine d’années, la guerre a amené les Allemands et les nazis jusqu’à Amsterdam. Et donc, ce qu’ils avaient fui les a rattrapés. Cette petite fille, cette jeune fille est devenue très célèbre. C’est probablement une des écrivaines aussi jeunes parmi les plus célèbres au monde parce qu’elle a écrit un journal pendant que ses parents ont vécu dans la clandestinité. Elle a écrit un journal au quotidien pour expliquer ce qu’ils vivaient, etc. Elle avait un don certain pour l’écriture et malheureusement, Anne Frank, comme sa mère, comme sa sœur, sont morts en déportation après avoir été dénoncés et arrêtés. Son père a retrouvé ce journal qu’il a publié et ce journal est devenu l’un des best sellers les plus célèbres au monde. »

Vous pouvez consulter quelques photos prises lors de l’inauguration en cliquant ici.

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