« Anne FRANK, une histoire d'aujourd'hui »... à l'Athénée royal de Chênée

anne1.JPGL'Athénée Royal de Chênée reçoit l'exposition internationale itinérante : « Anne FRANK, une histoire d'aujourd'hui ».

L’inauguration a eu lieu ce mardi 5 septembre 2017.

Cette exposition sera organisée du jeudi 7 au vendredi 29 septembre 2017 et sera également accessible aux établissements scolaires sous réservation ainsi qu’au public les mercredi 13 et dimanche 24 septembre de 14 à 17h.

L’entrée est gratuite.

anne56.JPGMesdames Christine Tyssens, Préfète de anne108.JPGl’établissement, Estelle Duchesne, Formatrice en Histoire et Christine Loreau, Responsable de la Maison Anne Frank en France et en Europe francophone se sont succédé pour présenter l’événement devant un parterre d’environ 150 personnes et en retracer les grandes lignes.

 

Anne Frank (41).JPGIl y a plus de 70 ans, le 20 juin 1947, paraissait la première édition du journal d’Anne Frank aux Pays-Bas et ce, grâce à la ténacité d’Otto Frank, père d’Anne et unique survivant des huit clandestins de l’Annexe secrète à Amsterdam (La maison qui avait servi de cachette et qui est devenue un musée).

Ce Journal, a alors suivi une voie tout à fait incroyable.

Traduit en français en 1950, puis la même année en allemand, il a été publié la même année dans ces deux langues, avec un tirage encore confidentiel. En 1952, c’est la traduction en anglais qui lui a ouvert les portes des Etats-Unis. Le pays qui le fera connaître du grand public, puis au monde entier… le but visé par Otto Frank.

Le livre deviendra un best seller mais, dès 1953, une adaptation théâtrale connaîtra un vif succès.

En 1958, la pièce sera adaptée au cinéma par le réalisateur Georges Stevens, Millie Purkins joue le rôle d’Anne. Et, à partir de 1959, le film adapté en de nombreuses langues conquerra l’Europe et le monde.

Otto Frank a ainsi été l’acteur principal du succès du Journal d’Anne.

Modeste et visionnaire, éducateur éclairé, ce survivant d’Auschwitz témoigne avoir trouvé dans le Journal de sa fille, la force de survivre au drame.

Il raconte avoir eu bien du mal à le lire, surtout au début, mais aussi y avoir découvert une Anne bien différente de celle qu’il connaissait. « Les parents ne connaissent jamais vraiment leurs enfants » en déduisait-il.

Il a su néanmoins prendre la mesure de la valeur d’écrivaine d’Anne, retracée ici au travers du projet et de l’exposition « Lire et écrire avec Anne Frank » et de l’intérêt pédagogique considérable que constitue le témoignage de l’adolescente.

Otto Frank, comme la plupart des survivants, s’était juré de tout faire pour que « ça » ne se reproduise pas. Il n’a, pour sa part, jamais témoigné de sa déportation, mais il a fait le choix de s’adresser à la jeunesse, porteuse du monde de demain.

Otto était un éducateur dans l’âme, même si ce n’était pas sa profession : dès 1934, il a inscrit ses filles, Anne et Margot, à l’Ecole Montessori d’Amsterdam. Une école où l’enfant est au cœur des apprentissages, et c’est sans doute dans cette éducation ouverte et respectueuse des enfants qu’Anne a puisé son génie pour l’écriture, sa vivacité d’esprit, sa maturité d’esprit et… sa verve si souvent insolente, mais toujours intelligente !

Dès que le journal est devenu un succès, Otto Frank a investi les royalties perçues dans le rachat et la préservation de la cachette à Amsterdam, devenue un musée, la Maison Anne Frank, le 3 mai 1960.

Dès l’année suivante, Otto et Fritzi, sa compagne, organisent à la Maison Anne Frank, des rencontres internationales pour la jeunesse.

Otto et Fritzi, elle aussi survivante d’Auschwitz leur disent l’Histoire et les engagent à lutter pour la paix, pour la démocratie et pour les droits de l’Homme, à l’échelle de la planète. Le projet de rencontres internationales se reproduit chaque année, recevant de jeunes activistes, qui luttent ici contre la guerre au Vietnam, là contre l’Apartheid en Afrique du Sud, ailleurs contre les dictatures comme au Chili… et qui, deviennent pour certains les premiers guides du musée à Amsterdam. Ils font des liens entre le passé et leurs combats présents, mettant en acte ce que leur avait confié Otto Frank : « Pour construire un avenir, il faut connaître le passé ». En deux mots, ils apprennent à puiser dans le Journal et l’histoire d’Anne les repères pour mener un combat au présent pour un monde plus juste, pour un monde de paix, pour faire face au racisme, à l’antisémitisme, et aux discriminations sous quelque forme que ce soit.

Otto Frank est mort le 19 août 1980. Le Journal d’Anne Frank a été traduit en plus de 80 langues et la Maison Anne Frank poursuit l’œuvre d’Otto dans le sillage qu’il nous a dessiné.

La seconde exposition proposée ici à l’Athénée Royal de Chênée s’intitule « Anne Frank, une histoire d’aujourd’hui ».

Elle est présentée chaque année dans une cinquantaine de pays du monde, sur tous les continents. La racisme, l’antisémitisme, la haine de l’autre pour ce qu’il est, la guerre, la dictature n’ont pas de frontières. Le combat pour l’application universelle des droits de l’Homme, tels que déclarés en 1948 au lendemain de la catastrophe, non plus : c’est toujours un combat d’aujourd’hui.

Anne Frank (74).JPGAnne Frank est devenue un symbole.

Elle a donné un visage aux millions de victimes anonymes de la Shoah.

Son histoire emblématique nous permet une analyse d’un contexte historique qui nous éclaire, aujourd’hui.

C’est, par ailleurs, une histoire de vie que l’on peut raconter, même aux plus jeunes.

Cette exposition a été conçue pour être animée par des adolescents de l’âge d’Anne Frank quand elle écrivait. Ils et elles sont formés dans le cadre d’un séminaire de 3 jours que nous voulons l’héritier des conférences internationales menées par Otto Frank à Amsterdam jusqu’à la fin de sa vie. Il s’agit de faire découvrir aux jeunes générations ce qui s’est passé dans ces temps obscurs, pour les prévenir, leur donner des repères et les amener à comprendre que les bourreaux s’appuient toujours sur la passivité pour commettre leurs crimes.

Anne Frank (15).JPG

L’une des missions des jeunes guides est d’engager leur pairs à ne jamais rester passifs face à l’injustice, et de s’engager pour devenir des citoyens libres, conscients, éclairés et solidaires. En cela ils prendront appui sur l’Histoire.

Vous pouvez consulter quelques photos prises lors de l’inauguration en cliquant ici.

Un deuxième article vous propose un entretien avec madame Christine Loreau, Responsable de la Maison Anne Frank en France et en Europe francophone : cliquez ici.

 

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