Les poissons morts dans la Vesdre début juillet : pourquoi ?

CRV2.jpgSuite aux informations incomplètes qui ont circulé dans la presse et sur le web au sujet de l’importante mortalité de poissons observée début juillet 2017 dans la Vesdre, vous trouverez ci-joint un communiqué de presse émanant du Contrat Rivière Vesdre apportant une explication plus complète.

 

 

 Vesdre_poissons-morts_juillet2017_Philippe-Hardy_ok.jpgAprès les orages du 6 juillet, une importante mortalité de poissons a été constatée dans la Vesdre à Ensival (Verviers).

Des truites de toutes tailles, mais aussi d’autres espèces.

Cet événement était malheureusement prévisible… Bien sûr, la sécheresse prolongée que nous connaissons cette année et les fortes chaleurs des dernières semaines ont joué un rôle : peu d’eau dans la rivière, et une eau plus chaude et donc moins oxygénée. Mais un autre facteur est également à considérer dans ce cas précis. Pour comprendre ce qui s’est passé, il faut replacer les choses dans leur contexte…

La Vesdre est une rivière qui était autrefois extrêmement polluée, principalement par l’industrie lainière et la croissance de la population en région verviétoise. La rivière a connu dans les dernières décennies une récupération spectaculaire suite à l’épuration des eaux usées domestiques et industrielles. Une étape majeure de cette épuration a été la construction d’un collecteur des eaux usées dans les années 1970 et à la mise en service de stations d’épuration au cours des années 1990 et 2000. En particulier, le démarrage des stations de Wegnez et Goffontaine a permis une très forte amélioration de la qualité de l’eau, et ainsi la recolonisation du milieu par la faune et la flore. La Vesdre est maintenant une rivière connue – par les scientifiques et les pêcheurs - pour sa productivité biologique exceptionnelle.

Cependant, bien des « points noirs » persistent : beaucoup d’habitations situées en bordure de rivière y rejettent encore directement leurs eaux usées et certains égouts se déversent dans la Vesdre, dans l’attente d’un raccordement à une station d’épuration. Ce sont surtout ces égouts qui sont à l’origine de la mortalité constatée au début juillet. En effet, en période de sécheresse, ils n’évacuent plus correctement les eaux usées, faute de rinçage naturel, et une bonne partie des matières polluantes solides s’y accumulent alors. A la première forte pluie, ces matières sont entraînées et se déversent massivement dans la rivière, où elles se décomposent en consommant l’oxygène dissous dans l’eau, nécessaire à la faune aquatique. Le phénomène est évidemment accentué si le débit de la rivière est faible et la température élevée… autrement dit en conditions estivales. Par contre, si le débit de la rivière est suffisamment élevé et la température fraîche, les matières organiques polluantes sont plus diluées et la désoxygénation est modérée, n’entraînant pas l’asphyxie des poissons et autres animaux aquatiques.

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Sous le pont de Prayon... le paradis des pêcheurs !

Le constat est affligeant : le peuplement de poissons qui avait mis des années à se reconstituer dans la Vesdre a disparu sur plusieurs kilomètres, parce que la qualité de l’eau est encore insuffisante, ce qui se marque particulièrement en cas de manque d’eau. Manque d’eau d’ailleurs préoccupant, au point que des réunions à ce sujet ont eu lieu au Centre Régional de Crise à Namur. Ces réunions ont notamment permis d’évoquer l’impact des exploitations hydroélectriques au fil de l’eau et la nécessité d’entamer une réflexion quant à l’opportunité d’instaurer des débits réservés tenant compte de l’écologie de la rivière.

La bonne nouvelle dans tout cela, c’est qu’il est possible de faire quelque chose pour que des événements tels que la mort massive de poissons ne se reproduisent plus : une fois les causes identifiées, on peut agir. La suppression des rejets d’eaux usées constitue la première étape de l’amélioration de la qualité de l’eau de la Vesdre. Ceci doit être considéré comme une action urgente pour la protection de la faune aquatique. Les autres réflexions menées avec les gestionnaires concernés, et les acteurs de terrain, amèneront des pistes d’action à plus long terme.

Le Contrat de Rivière Vesdre :

Outil de gestion intégrée des cours d’eau, le Contrat de Rivière Vesdre rassemble les différents gestionnaires, acteurs et usagers de l’eau de ce bassin. Ceux-ci s’engagent à mener (dans le cadre de leurs responsabilités, de leurs compétences et dans la mesure de leurs possibilités) des actions visant à préserver ou à restaurer la qualité des cours d’eau et de leurs abords, et à concilier leurs multiples fonctions et usages.

Qui sont-ils ? Pouvoirs publics, riverains, pêcheurs, scientifiques, industriels, agriculteurs, défenseurs de la nature, … Bref, une multitude d’intérêts et de préoccupations qu’il est nécessaire d’accorder. Le Contrat de Rivière est donc basé sur le consensus, la concertation et la coordination. Il a aussi pour mission d’informer et de sensibiliser le grand public, les pouvoirs publics et les acteurs du secteur de l’eau à une gestion intégrée du cycle de l’eau.

Contact :

Florence Hauregard (coordinatrice) : 04/361.35.33 – coordination@crvesdre.be

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