Li ptite soris

Un lecteur vous envoie sa petite souris...

Cet article avait été publié en décembre 2016 mais un lecteur a récemment demandé la traduction.

Revoici donc ce texte avec la traduction en-dessous.

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Li ptite soris

La petite souris

El cåve d'on vî ritchåd, ene boune viye cåve å vén,

Dans la cave d'un vieux richard, une bonne vieille cave à vins,

Ene tote pitite soris vikéve bén påjhirmint.

une toute petite souris vivait bien paisiblement.

Et come vos vs è dotez, li cåve esteut forneye.

Et comme vous vous en doutez, la cave était (bien) fournie.

Li sori, sins ahote tot do long del djournêye

La souris, sans arrêt tout au long de la journée,

Magnive do crås froumadje, do souke, do lård, do pan

mangeait du fromage gras, du sucre, du lard, du pain.

Et la, nosse pitite biesse vikéve tot s'ecråxhant.

Et là, notre petite bête vivait tout en s'engraissant.

On djoû k'ele s'trovéve dizeu ene caisse di botayes,

Un jour qu'elle se trouvait au-dessus d'une caisse de bouteilles,

Dji n'sai çou k'dj'a, djha-t ele ;

je ne sais ce que j'ai, dit-elle :

 i m'shonne ki dji djereye

il me semble que j'ai des envies. . .

Si dji magnreu d' çoula ?

Si je mangeais cela ?

Ele groumta sol bouchon ki stopéve ene botaye

Elle grignota le bouchon qui fermait une bouteille

Et trova k' c'esteut bon

et trouva que c'était bon.

Les wapeurs di Cognac lyi avént surmint dné l' gosse

Les effluves de cognac lui avaient sûrement donné le goût. . .

Et vos vs dotez k' por leye, c'esteut do souke al loce.

Et vous vous doutez que pour elle, c'était du sucre en abondance. . .

Adon li ptite soris ni magna pus k' çoula;

Alors, la petite souris ne mangea plus que cela;

Li pan, l'froumadje, li lård, totafwait dmaneut la.

le pain, le fromage, le lard, tout restait là.

Ele magnive do bouchon tos les djoûs sins ahote

Elle mangeait du bouchon tous les jours sans arrêt,

Si bén - vos vs è dotez - ki, pitchote a midjote

si bien que, vous vous en doutez, petit à petit,

On bea djoû, tot cmagnî, li bouchon touma dvins;

un beau jour, tout rongé, le bouchon tomba à l'intérieur.

El wapeur cogne amonta tot doûçmint

Et la vapeur du cognac s'échappa tout doucement

Al narene del sori ki djha "Kéne boune odeur.

jusqu'au nez de la souris qui dit : "quelle bonne odeur

Ki vént foû di ç' trô la !

qui vient de cet orifice-là !

C' est seur ene fene likeur !

C'est sûrement une liqueur fine !

Ossu, djel va goster."

 Aussi, je vais la goûter".

Ele vola moussî dvins

Elle voulut y entrer;

Mågré k' elle esteut ptite, si tiesse ni passa nén.

malgré qu'elle était petite, ta tête ne passa pas.

Dj' årè talminne mi pårt, tuza-t ele sins fé l mowe.

J'aurai quand même ma part, pensa-t-elle sans faire la moue.

Et vola nosse rujhêye ki leye dischinde si cawe

Et voilà que notre rusée laisse descendre sa queue

E buzea del botaye ;

dans le goulot de la bouteille.

Adon bén påjhûlmint

Alors, bien paisiblement,

Ele raletcha cisse-ciale des pus awoureuzmint.

elle lécha celle-ci très goulûment. .

Elle l' aveut fwait ç' djoû la, pol moens deus eures et dmeye

Elle l'avait fait ce jour-là, au moins deux heures et demi,

Cwand ele voeya tot l' bazår ki tournéve åtoû d' leye.

quand elle vit tout qui tournait autour d'elle..

"Vola l' måjhone ki danse, dijha-t ele, louke, alez

Voilà la maison qui danse, dit-elle, regarde çà.

Abeye, savoz, foû d'cial ! Il est tins di m' såver !"

Vite, hors d'ici ! Il est temps de me sauver !

Ele cora totavå tot hossant so ses skeyes

Elle courut partout en titubant,

Et tot fjhant des manires tot come ene viye sôlêye.

tout en faisant des manières, tout comme une vieille ivrogne.

Les wapeurs di l' alcol lyi montént-st e cervea

Les effluves de l'alcool lui montaient à la tête. . .

Ele rilouke åtoû d' leye ; adon, vola k'ele brait:

Elle regarda autour d'elle; alors, voilà qu'elle crie :

"Dji bodjrè nén d'ene pate po tolminme kî ki ç'soeye

" je ne bougerais pas d'une patte pour qui que ce soit !

Asteure wice est i l'tchet, ki dji lyi pete si gueuye !".

 Maintenant, où est le chat que je lui pète sa gueule !""

Commentaires

  • Petit cadeau d'un fidèle lecteur du Blog qui affectionne la Langue de Tchantchès. . .
    L'auteur s'appelait Auguste BOON.
    Joyeux Noël et bonne année à tous.

  • Merci beaucoup, est il possible d' avoir une traduction de cette belle histoire en Français ?

    Bien cordialement,

    Philippe ROLLAND.

  • Monsieur Rolland, je me fais un plaisir de vous transmettre la traduction souhaitée.
    Bien à vous. AM

    La petite souris
    Dans la cave d'un vieux richard, une bonne vieille cave à vins, une toute petite souris vivait bien paisiblement. Et comme vous vous en doutez, la cave était (bien) fournie.
    La souris, sans arrêt tout au long de la journée, mangeait du fromage gras, du sucre, du lard, du pain. Et là, notre petite bête vivait tout en s'engraissant.
    Un jour qu'elle se trouvait au-dessus d'une caisse de bouteilles, je ne sais ce que j'ai, dit elle : il me semble que j'ai des envies. . . Si je mangeais cela ? Elle grignota le bouchon qui fermait une bouteille et trouva que c'était bon. Les effluves de cognac lui avaient sûrement donné le goût. . . Et vous vous doutez que pour elle, c'était du sucre en abondance. . .
    Alors, la petite souris ne mangea plus que cela; le pain, le fromage, le lard, tout restait là.
    Elle mangeait du bouchon tous les jours sans arrêt, si bien que, vous vous en doutez, petit à petit, un beau jour, tout rongé, le bouchon tomba à l'intérieur. Et la vapeur du cognac s'échappa tout doucement jusqu'au nez de la souris qui dit : "quelle bonne odeur qui vient de cet orifice là ! C'est sûrement une liqueur fine ! Aussi, je vais la goûter".
    Elle voulut y entrer; malgré qu'elle était petite, ta tête ne passa pas. J'aurai quand même ma part, pensa t'elle sans faire la moue. Et voila que notre rusée laisse descendre sa queue dans le goulot de la bouteille. Alors, bien paisiblement, elle lécha celle-ci très goulûment. .
    Elle l'avait fait ce jour là, au moins deux heures et demi, quand elle vit tout qui tournait autour d'elle.. Voilà la maison qui danse, dit elle, regarde çà. Vite, hors d'ici ! Il est temps de me sauver ! Elle courut partout en titubant, tout en faisant des manières, tout comme une vieille ivrogne. Les effluves de l'alcool lui montaient à la tête. . .
    Elle regarda autour d'elle; alors, voilà qu'elle crie : " je ne bougerais pas d'une patte pour qui que ce soit ! Maintenant, où est le chat que je lui pète sa gueule !"

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