Mémoire de Résistant... Jean Wypchlo

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Jean Wypchlo nous a quittés le 6 décembre 2016, dans sa nonante et unième année.

Début septembre 2017, comme chaque année, aura lieu la Commémoration à Forêt 

Lui, le porte-drapeau attitré lors de ces Commémorations à Forêt et au Monument de la Gare n'avait, à son grand regret, pu assister à la dernière cérémonie (2016), en raison de son état de santé.

Quelque part, il incarnait une partie de "la Mémoire" relative à une des Tragédies de Forêt, en raison de sa participation à la Résistance durant la guerre 40-45.

J'avais eu le privilège de le rencontrer à plusieurs reprises et lors des entretiens que nous avions eus, Jean Wypchlo m'avait raconté avec beaucoup d'émotion sa version des faits dont il avait été témoin direct, l'épisode de la cuisine qui, à son avis, avait été un des éléments déclencheurs de l'attaque allemande qui avait conduit au massacre de Forêt...

C'est pourquoi, cet article, publié une première fois le 30 août 2016 vous est représenté ce jour, en hommage à Jean Wypchlo mais aussi à tous les Combattants et Résistants qui se sont parfois sacrifiés pour la Liberté ainsi qu'à toutes les Victimes de ces faits.

...Jean Wypchlo avec le drapeau 

Plusieurs récits relatant le massacre de Forêt en septembre 1944 ont déjà été publiés et c'est fort bien ainsi car, dans le cadre du Devoir de Mémoire, il convient bien évidemment de perpétuer ce funeste moment afin de clouer pour toujours au pilori les horreurs de la guerre.  

Jean Wypchlo, ancien résistant, est né le 28 septembre 1925.

En 1944, il est entré dans la Résistance et a fait partie de l'A.S. (Armée Secrète).

C’est au gré d’un long entretien tout empreint d’émotion que Jean Wypchlo a retracé les faits dont il a été témoin direct, l'épisode de la cuisine qui, à son avis, a été un des éléments déclencheurs de l'attaque allemande qui a conduit au massacre de Forêt...

Voici son récit, reproduit fidèlement.

15 armée secrète carte (2).jpg"Le jour du parachutage qui devait avoir lieu à Forêt au cours duquel les Anglais devaient venir parachuter des armes, nous devions être 500.

Nous avions rendez-vous à 16h à Forêt, près du château.

Pour aller au rendez-vous, j'étais parti de La Brouck vers 14 heures et, alors que je marchais entre les murs de la métal, j'ai vu qu'il y avait une cuisine allemande. Celle-ci était en panne, une bonne cinquantaine de mètres devant moi. Ce genre de cuisine devait être remorquée par un camion. Je la vois qui était en panne et il y avait deux Allemands tout près.

Un camion en provenance de La Brouck est alors arrivé. Dans la benne du camion, il y avait un résistant armé d'un fusil tandis que deux autres étaient sur le devant du camion.

Ils s’arrêtent à hauteur de la cuisine et font « haut les mains ». Le premier Allemand lève les mains mais le deuxième ne veut pas alors le résistant qui était armé lui tire dessus et lui met une balle dans le genou et le laisse là à terre. Ils attachent alors la cuisine à leur camion pour l'emporter mais le soldat qui était blessé à terre se relève. A ce moment, l'homme armé lui tire une deuxième balle et l'abat puis le camion s'en va avec la cuisine.

J'estime la situation trop dangereuse et je fais demi-tour mais, à ce moment, je vois une voiture allemande qui arrive. Des officiers. Les Allemands ont vu le soldat à terre mais aussi la cuisine s'éloigner. Les Allemands font alors demi-tour en direction de vers Chaudfontaine.

Moi je retourne à La Brouck et je préviens quelques copains puis je me dirige vers Masta.

Et, une bonne heure plus tard, on voit arriver l’armée allemande qui venait du côté de Chaudfontaine et, du pied de la route de Bouny, avec des camions remplis de soldats.

Je suis persuadé que c'est à cause de cette histoire-là de la cuisine que les Allemands ont réagi et qu’ils se sont précipités vers Forêt pour se venger. A mon avis, l'épisode de la cuisine a été l'élément déclencheur.

À Forêt, le parachutage n’a pas eu lieu parce que le château était en feu.

(...)

Quelques jours après, nous sommes allés déblayer le château, c’était vraiment horrible. J'ai notamment vu les deux cousins, Swaab et Bodson qui étaient couchés un sur l’autre avec une balle dans la tête."

*     *     *

Ces quelques lignes reflètent fidèlement le témoignage qu'a bien voulu apporter Jean Wypchlo à cet épisode tragique qui s'est déroulé dans notre commune.

Après la guerre, en 1947, Jean Wypchlo été reconnu au titre de résistant armé...

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... puis la médaille de la Résistance lui a été décernée en 1948.

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A présent, chaque année, Jean Wypchlo se rend au Mémorial de Forêt muni du Drapeau dont il avait hérité lors de son engagement dans la résistance. 

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Ci-dessous, une photo de des membres de la Fraternelle A.S. Prayon-Trooz que Jean Wypchlo conserve soigneusement.

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Le château après l'incendie

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Commentaires

  • Nous ne saurions jamais remercier suffisamment ces personnes courageuses qui ont combattu l'envahisseur ! Parmi eux, Marcel Lallemand, notre ancien bon Garde-champêtre; il aurait eu 91 ans le 15 avril dernier. . . Homme élégant, blagueur et méticuleux, il a exercé son métier avec bon sens et discernement pendant une quarantaine d'années. . .
    A mes yeux, il incarnait parfaitement la Justice avec tout ce qu'elle a de noble quand elle s'applique équitablement pour tous. . .

  • Je suis tout à fait d'accord avec toi en plus il m'a initié à développement des photos le local était rue de noirivaux

  • En plus de cela j'en n'ai jamais vu Marcel en tenue négligée il était toujours impeccable même quand il pleuvait il n'avais jamais ses souliers non cires

  • En ce jour de commémoration, je constate que Marcel n'a aucun signe distinctif sur sa sépulture, à l'inverse d'autres résistants de Forêt inhumés en pleine terre. . .
    Je suggère aux autorités communales de corriger cette situation par l'apposition d'un symbole tricolore sur la plaque de son columbarium.

  • Ce 29 août ,j'ai pu constater que rien n'avait changé par rapport à ma proposition. . .

  • Je suis la fille aînée de Gaby MICIN veuve Roger POLIART. C'est mon parrain Melchior MICIN, frère aîné de Maman (que l'on voit sur la photo de la Fraternelle), qui a rédigé la plaquette sur la tragédie de Forêt. Le produit de la vente de la plaquette a permis la construction du monument. Parrain habitait à Rocourt et est décédé le 21 juin 2005.

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