Fraipont vu par René Raxhon il y a cinquante ans... Article 1

Document.jpgNous sommes en mars 1966. Le bourgmestre René Raxhon a préfacé un recueil de textes dédiés à Fraipont. « Ces pages ne sont qu’une première mise au point qui sera complétée et amplifiée au fur et à mesure que des données nouvelles seront découvertes », écrivait-il notamment. Cet opuscule comporte 13 chapitres. 

Bien entendu, depuis, bien de l’eau a coulé sous les ponts de la Vesdre donc, merci de lire le texte ci-dessous avec vos yeux d’il y a cinquante ans. Si vous n’étiez pas né, ce plongeon dans le passé de l’histoire de Fraipont, ancienne commune à présent englobée par Trooz, vous intéressera très certainement.

Le document est reproduit exactement comme publié à l’époque.

I : Le site

II : La signification d'un nom

III Le sol

IV Occupation d’un sol

V Le sous-sol

VI Industrie

VII Les seigneurs de Fraipont

VII Les châteaux

IX Autour de l’église

X Au bord de l’eau

XI Origine du noyau protestant Nessonvaux et Fraipont

XII Le chemin de fer

XIII Vieilles maisons et vieilles routes

 

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LE SITE

Actuellement, Fraipont est une commune du canton de Louveigné. Elle fait partie de l’arrondissement et de la province de Liège. Fraipont est la commune extrême de l’arrondissement car en effet la Vesdre sert de séparation entre les arrondissements de Liège et de Verviers.

Notre commune compte 1.608 habitants (890 en 1841). Sa superficie est de 887 ha. Son point culminant, 295 m, se trouve au Château de Banneux. Son point le plus bas, 95m, se situe au confluent du ruisseau du Targnon avec la Vesdre.

Par son attitude, elle se situe dans la haute Belgique et par son sol, elle appartient à la zone schisteuse dénommée Ardenne. Elle en occupe le confins. En effet, elle touche au Payse de Herve qui commence sur l’autre rive de la Vesdre et au Condroz (la zone calcareuse) qui vient finir à la route du Rys de Mosbeux depuis Trooz jusque Louveigné.

La commune existe au moins depuis l’année 1821. En effet, le premier registre de délibérations communales date de cette année. Il est très probable que Fraipont existait avant cette date comme entité administrative mais sous une forme et sous une conception quelque peu différentes.

La commune se compose de Fraipont-Village, partie la plus ancienne, ne variant plus guère d’aspect, et de plusieurs hameaux dont Becoen, Trou Renard, Halinsart, Trasenster, en pleine extension qui se peuple de chalets le week-end, Pont en Vaux, la Campagne, quartier commerçant de développement récent, sur les Charneux, Badevaux, Grand Ry, Valle, les Bruyères, aux multiples petites fermes qui se sont muées en maisons de campagne depuis quelques années.

Certains de ces hameaux s’accrochent aux pentes de nos coteaux, d’autres couronnent les plateaux, d’autres encore s’étalent ou s’allongent au fond de la vallée, tout au long de la rivière.

Sur toute sa longueur, soit près de 5km à vol d’oiseau, de Becoen au Targnon, la limite de la commune est la rapide et capricieuse Vesdre (dont le nom était encore Vèse en 1829). Les nombreuses courbes nous séparent des communes de Pepinster, d’Olne et de Nessonvaux.

De rapides ruisseaux, de vrais petits torrents qui tous naissent à mi pente des collines font sa limite avec d’autres communes encore.

Au tunnel de Becoen, le ruisseau du Fon des 3 Bois appelé encore Soquinry sépare Theux et Fraipont. Dans le Haveigné, le ruisseau Pierre Lairy venant du bois de Banneux constitue la limite avec Louveigné et le ruisseau des bruyères, près de la maison Leclercq, marque la séparation d’avec Gomzé-Andoumont.

Du côté de Trooz, le ruisseau du Targnon sert de limite pour Forêt.

D’autres nombreux ruisseaux, si petits qu’ils méritent à peine le nom de ruisseau et qui pourtant ont les honneurs de la carte, courent un peu partout dans les prés et dans les bois.

A la haute Fraipont, c’est le ruisseau de la Heid de Vesdre, (Sur les Charneux) le ruisseau du Roty, le ruisseau de Ribeaufossé (venant de la Heid le Moine) avec son affluent le ruisseau des Minières, le ruisseau de Badevaux, le ruisseau de la Fagne.

Le village lui-même est traversé par le ruisseau de Derrière les caves et par le ruisseau du Haveigné.

La source de plusieurs de ces ruisseaux était bien pittoresque. Ici, c’était un simple puisard à ciel ouvert, comme dans la Cour de Badevaux il y a quelque temps.

Ailleurs, c’est encore une petite construction de pierres, voûtée, couverte de gazon, blottie dans un talus et fermée d’une porte de fer rouillée et grinçante. Bien conservées, ces petites constructions existent encore en deux endroits, le long du chemin des Charneux et au-dessus du Piedvache.

Le ruisseau du Haveigné, le plus important de la commune, mérite bien qu’on s’y arrête un peu.

De nombreuses façons d’écrire son nom dans les documents : Havegné, Haveigné, Haveignez, Havegnez, Xhaveigné.

La plus ancienne orthographe est ruisseau du Xhaveygnez.

Celle-ci nous fait comprendre le nom : ruisseau de la Havée (Xhaveye en wallon veut dire vallée étroite et profonde. Le suffixe –‘gnez’ signifie qui appartient à.

Le ruisseau sort de terre sur le territoire de la commune de Louveigné dans un creux de la campagne d’Andoumont à l’altitude 270m Il finit dans la Vesdre sur la place de Fraipont à 102m d’altitude après un trajet sinueux de 3.230m à travers prés et bois (longueur à vol d’oiseau : 2.900m).

Out au long de son cours, il se grossit de nombreuses sources et de petits bouts de ruisseaux. Quelques-uns méritent d’être signalés, étant peu connus.

Après son passage dans un chantoir au chemin d’Andoumont, il reparait dans le bois, 200m en aval. Au chemin du Rosaire, il se grossit du Ruisseau de la Croix Henrard et du ruisseau de Herlatte. Celui-ci est capté en partie à sa source pour alimenter Banneux en eau potable.

A son entrée dans la commune, 100m plus haut que la maison Leclercq, à l’altitude 160m ; il reçoit le ruisseau de Pierre Lairy venant du bois de Banneux et le ruisseau des Bruyères. A la maison Czaplicky, altitude 130m, c’est le ruisseau du Piedvache qui veut lui apporter ses eaux, quand il n’est pas à sec.

A cet endroit, en temps ordinaire le ruisseau du Haveigné atteint une vitesse de 3.600m à l’heure et un débit d’environ 250l à la seconde. Il ira jusqu’à 750l à la seconde à la fonte des neiges et jusqu’à 85l seconde par temps très sec.

La commune de Fraipont est largement pourvue d’eau, d’eau pure et fraîche. Le Haveigné à lui seul mérite mieux que d’abreuver des vaches ou que de servir, dans son cours inférieur, de dépotoir public, à peine camouflé sous deux aqueducs ! Nul doute que des initiatives heureuses seront prises dans les années à venir pour le mettre heureusement en valeur.

Mais d'où vient le nom "Fraipont" ?

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Commentaires

  • Magnifique information qui fera partie de la collection "patrimoine " de la commune. merci pour ce beau travail

  • merci ! je pense l'avoir déjà lu mais c'est loin !

  • François Gillon, mon beau père, étant secrétaire communal à cette époque. Nous avons très bien connu Rene Raxhon....c'était un homme d'une grande gentillesse, cherchant toujours le bien être de ses administrés...une belle époque où un Bourgmestre( Rene Raxhon ) , un secrétaire communal (François Gillon), un garde champêtre ( monsieur Purnelle ) et un cantonnier ( Kiki Dawans ) suffisaient à gérer avec bien sur un conseil communal, notre belle commune...je pense que nous avons également ce livre....Nous gardons un excellent souvenir de Rene que nous apprécions très fort.

  • J'ai eu la chance de connaître René Raxhon ; c'était un homme cordial, franc, à l'écoute et à la disposition de ses administrés et qui gérait sa chère commune en bon père de famille. . . Bien évidemment, il faisait "un carton" lors des élections. .. Ce soir, je suis heureux de pouvoir saluer sa mémoire.
    André MICHEL

  • j'ai très bien connu monsieur René Raxhon etait sympathique un monssieu qui savait faire des petite blague avec monsieur Pol Wergifosse

  • Oui un excellent livre très explicite, édité en 1966. seul reproche, aucune photo!! Mais nous sommes en 1966, les appareils numériques, rapides, performants, gratuits pour développer les photos n'existaient pas. Pas de PC non plus, très pratiques pour les mises en pages. Pas de photocopieuses couleurs non plus dans les services communaux, à cette époque.

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