Edmond Floriani (26)

0000.JPGIl continue à râler...

Après avoir visité rapidement 2 ou 3 villages-usines à touristes, j'ai pris une route sinueuse qui serpentait à travers le massif du Luberon pour vite me rendre à Aix où m'attendait le souvenir de Cézanne et une place à l'auberge qui, cette fois, existait bel et bien. J'imaginais le pied-à-terre idéal et sympa pour aller tous les jours sillonner la campagne aixoise en quête de quelque chose à peindre sur les pas sacrés du grand Cézanne. C'était mon pèlerinage dans la Jérusalem du roi des peintres paysagistes provençaux...

Après 30 km dans les montagnes qui m'ont paru en être 100, avec l'angoisse d'aller m'écraser dans les ravins sans fond longeant la route, j'arrivais en vue de ma destination...Aix-en-Provence!...j'étais aussi heureux que les croisés qui apercevaient enfin la terre natale de Jésus après une longue, pénible, dangereuse, assoiffée et interminable traversée du désert...

A peine entré dans la ville, je fus surpris et atterré de me retrouver en enfer ...

La circulation est tellement dense qu'on se croirait sur le périphérique de Paris...c'est aussi bordelique, surpeuplé et infernal que Paris, mais avec le soleil en plus...

Pris dans la marée de la circulation citadine, si vous ne connaissez pas la ville, vous entrez, mais vous ne savez pas si vous allez parvenir un jour à en sortir...ou à trouver ce que vous cherchez...

Et de fait, j'ai jamais pu trouver mon auberge...j'ai abandonné toute velléité  d'obstination dans ma recherche, quand je me suis rendu compte que depuis un moment je tournais en rond, pris dans le piège des sens uniques et des boulevards qui n'aboutissaient nulle part...ou dans des culs de sac de banlieue bétonnée et sinistre... et je n'avais aucune envie de m'y loger et de devoir tous les matins, me demander comment allais-je bien sortir de cet enfer pour aller sur le motif dans la campagne, et comment j'allais pouvoir de nouveau retrouver mon lit tous les soirs, coincé dans les embouteillages quotidiens. 

J'apercevais au loin, sur l'horizon de cette ville infernale impossible à traverser, mirage ou fantôme bleuté, la montagne Sainte-Victoire...mais elle me semblait aussi inaccessible qu'une étoile appartenant à une autre galaxie.

A croire que l'esprit ombrageux et jaloux de Cézanne, ne voulait pas de moi sur ses terres...lui non plus...

Je commençais à regretter sérieusement mon cher Quercy moisi et pluvieux...mais peinard...

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