Edmond Floriani (24)

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Edmond, voyageur sans (hôtel) étoile

J'arrivai tard dans le Lubéron, parce que sur mon chemin, j'ai perdu du temps à croire que je pouvais peut-être, tout compte fait, poser mes valises à Arles où plane le souvenir prestigieux et impressionnant de Van Gogh. Mais vite découragé par l'atmosphère fébrile qui y régnait et la trop grande densité de circulation dans laquelle on était pris comme dans une sarabande infernale avant même d'entrer dans la ville, me prit le désir soudain de  m'enfuir de cette enfer pour Tarascon qui me semblait plus vivable...à l'échelle humaine. Et puis cela me rappelait Tartarin et quelques vagues et heureux souvenirs de lecture d'enfance, tout cela ne pouvait qu'augurer du bonheur.

Egaré dans la banlieue tarasconnaise,  je ne suis pas parvenu à trouver l'auberge ni même Tarascon tellement le parcours est bien fléché...et je me demande même si l'auberge faisait encore fonction...impossible à savoir à cause de mon  gsm qui refusait obstinément de me mettre en relation avec ceux que je cherchais à contacter. J'étais condamné à errer en aveugle, habité par l'espoir de trouver malgré tout ce que je cherchais. Il est bien vrai que la pire des folies c'est de prendre ses désirs pour réalité... de cette folie , sans aucun doute, j'en étais frappé.

Bon, soit, puisque ni Van Gogh ni Tartarin ne voulaient de moi,  je filai vers Fontaine de Vaucluse et Manosque, pays de Giono. 

Arrivé plein d'espoir à Fontaine de Vaucluse, j'appris que l'auberge avait fermé ses portes et renseignements pris par prudence cette fois, grâce au gsm d'un campeur aimable, j'eus la confirmation que l'auberge de Manosque n' existait plus non plus... cela m'a évité de faire encore des km inutiles au bout desquels pouvaient m'attendre encore dieu sait quelle déception supplémentaire...Il était tard et les  campings complets ou fermés ne voulaient plus m'accueillir...ça commence bien mon arrivée dans le Lubéron pensais-je...je sentais peser comme une hostilité secrète envers ma venue, car tout  semblait comploter pour me refouler comme une personne indésirable. Mais je voulais faire contre mauvaise fortune bon coeur, tout à mon exaltation d'être dans une région où l'on pouvait voir enfin la couleur bleue du ciel... et si prometteuse en possibilités à peine entrevues...

Adieu les auberges et leur prix abordable, il fallait que je trouve rapidement une chambre dans un hôtel ou un gîte, car la nuit tombait, et je risquais bientôt de devoir dormir dans ma voiture comme un sdf... 

Sillonnant avec anxiété la campagne inconnue du Lubéron en quête d'un lit bien mérité, pour me reposer de cette odyssée à la recherche de ma toison d'or solaire, je finis par trouver une chambre libre dans un mas provençal aménagé en gîte rural avec goût et simplicité.

L'hôtelier, sympathique, devinant l'état de mes finances sans gloire, me fit un prix réduit pour la nuit. J'ai dormi comme un bébé à poings fermés et je fus réveillé au petit matin par un concert de piou-piou joyeux chantant la naissance d'un nouveau jour.  

(…)

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