Edmond Floriani (25)

P1000462.JPG

Mais, c'est qu'en plus, il râlerait, Edmond, sur les prix...à cause des touristes !

 

Au petit matin donc, frais et dispos pour continuer ma route, je me retrouvais devant la nécessité de partir pour Aix en Provence où une auberge existait à coup sûr et pouvait même m'héberger pour la semaine...cette fois c'était sûr, pas de lézard sous le pavé ... Je me disais en même temps: c'est le destin qui veut que j'aille peindre dans la ville de Cézanne...là, enfin je pourrais peindre. Ici, dans le Lubéron, il y a du soleil et du pittoresque en abondance...du coup, il y a beaucoup de touristes et tout est cher. Il est bien loin, le temps où des Gauguin et des Van Gogh pouvaient se loger pour 3 francs 6 sous lorsqu'ils débarquaient dans une région de France pour en peindre les beautés qui les inspiraient. Aujourd'hui, l'admiration des vieilles pierres patinées par l'Histoire coûte cher le mètre carré. Les mercantiles vous tendent des embuscades à tous les coins de ruelles, à toutes les embrasures de portes  et sous toutes les venelles des plus beaux villages de France...pour vous refiler des cartes postales, des épées en plastique, de l'huile d'olive provençale originaire d'Espagne, des poteries" de tradition authentique" et autres bibelots fabriqués en Chine...parkings payants et autres droits de passage qui vous rançonnent comme au moyen-âge...et ça ne rate jamais, vous avez dans chaque village le potier de service qui fait dans la pure" tradition locale"pour plaire aux touristes ... et vous avez aussi, immanquablement, l'artiste-peintre à l'accent anglo-saxon qui a succombé au charme de la vieille pierre française et qui a trouvé son bonheur à  fourguer sa production aux touristes, comme un épicier cherche à vendre ses légumes ...

J'ai quitté sans regret le Lubéron et ses caricatures de villages pittoresques, usines à touristes et pompes à fric ...

Direction Aix...à toute allure ...au secours Cézanne...

 

Les commentaires sont fermés.