Rencontre avec Edmond Floriani, artiste-peintre (1)

Peintre bis (1).jpgUn peintre, rencontré au gré d’une promenade près de l’église de Forêt.

 

Il peint mais aussi, il a des choses à dire...

 

Entretien avec Edmond Floriani

 


Comment vous décrivez-vous en tant qu’artiste ?

« Je tiens d'abord à préciser que je ne suis pas un "artiste" mais juste un peintre amateur.

être artiste requiert des qualités innées exceptionnelles dont je suis dépourvu. Je n'ai que peu de sensibilité et je n'ai ni créativité ni imagination. »

 

Peintre.jpgQue peignez-vous ?

« Je me sens plus proche des impressionnistes, des fauves, des néo-impressionnistes ainsi que de Corot et l'école de Barbizon. Ils se contentaient de peindre ce qu'ils voyaient et ce qu'ils ressentaient face à la nature. Leurs toiles étaient un hommage à la beauté du monde qu'ils essayaient de transcrire avec humilité et un amour sincère de la nature qui est d'une richesse inépuisable en possibilités d'interprétation. »

 

 

Peintre (5).jpgVous aimez la nature

« On se retrouve seul face à la nature et on découvre qu'il faut se battre comme un chien enragé pour saisir la moindre nuance valable sur un simple mur de pierre moisi où se jouent l'ombre et la lumière...

Créativité et imagination ne sont d'aucun secours dans ce combat. Il faut faire preuve de vertus monastiques : patience, amour du travail parfait , confiance, ,humilité...

Remettre cent fois l'ouvrage…

Ne jamais se contenter du résultat qui n'est jamais à la hauteur du résultat rêvé... »

 

Ce n’est pas toujours évident, en Belgique…Peintre bis (12bis).jpg

« Oui, le climat est détestablement variable et comme j'ai besoin de 3 séances pour" finir" une toile, cela pose parfois problème s’il se met à pleuvoir pendant une semaine après la 2ème séance.

Et même, lorsqu'arrive la floraison printanière il pleut, il fait gris et froid ...

C'est sans doute pour cette raison que, lassé par des conditions climatiques peu favorables, les peintres paysagistes qui en ont les moyens s'exilent vers le soleil du Sud ou se transforment en photocopieuses d'appartement, bien à l'abri, au chaud ».

 

…ni agréable Peintre (6).jpg

« Peindre des paysages c'est l'enfer et le paradis en même temps. Psychiquement, le contraste est parfois dur à assumer. C'est pourquoi, parfois, on a envie de tout envoyer valser. Mais c'est évidemment impossible.

C'est difficile, mais quand on arrive à des résultats, on éprouve une joie qui nourrit un enthousiasme qui vous soulève jusqu'au ciel.

C'est sans doute le même genre de joie qu'éprouve le luthier ou le facteur de piano qui entend pour la première fois le son sublime émis par l'instrument qu'il vient de créer. Ce genre de joie contrebalance efficacement la tentation du découragement qui guette toujours au détour d'un ratage complet.

Mais la plupart du temps on n'est jamais satisfait du résultat obtenu ».

 

Peintre bis (3).jpgêtes-vous perfectionniste ?

« Il y a toujours des choses qui sont à perfectionner ou de nouvelles aventures à tenter lorsqu'on a atteint plus ou moins ce qu'on voulait.

Une toile c'est un champ d'expérience. On trouve ou on ne trouve pas et parfois on trouve des choses inattendues plus intéressantes que ce qu'on cherchait dans l'option de départ.

Il faut rester ouvert à l'inspiration de l'instant.

On tâtonne, on avance dans l'incertitude. Mais comme dans le brouillard, le chemin s'éclaircit en marchant ».

 

Quels paysages recherchez-vous ?

« Mes goûts sont très simples : j'aime peindre les derniers îlots pittoresques qui ont encore échappé au bétonnage insensé de nos campagnes. Il n’y a rien d'original, je peins les vestiges d'un monde en voie de disparition Je cherche des sites qui ont gardé une âme et un charme suranné comme par exemple ces vieilles pierres de l’église de Forêt.

Et puis, quand on trouve la beauté dans la simplicité de la nature il est inutile de rechercher une illusoire originalité, tout a été dit et quoi qu'on fasse on est toujours le" néo" de quelque chose qui finit par "isme"...

 

Peintre bis (4).jpgVous êtes amoureux de la nature à ce point ?

« La nature dans toute sa simplicité nue et crue, voilà où je cherche la beauté.

J'ai fait un retour aux sources : l'observation de la nature dans toute sa simplicité, sans esbroufe, sans vaniteuses fanfaronnades ni fioritures, ni effets de manche...

J'ai quitté l'agitation et le vacarme illusoire des vanités citadines pour me faire berger...

C'est ainsi que j'ai échappé au délires de l'art dit" moderne" et à ses fausses valeurs...

Je suis à la recherche nostalgique de la vérité et de la simplicité et il se trouve que ces valeurs sont dans la nature. C'est ma quête du Graal... »Peintre bis (5).jpg

 

Vous avez des projets à court termes ?

« Il va faire horriblement moche toute la semaine donc je ne vais pas pouvoir retourner à Forêt. Lassé de ce climat détestable et avant de sombrer  dans une dépression suicidaire, je me suis décidé à partir pour des cieux plus cléments et plus propices à l'activité d'un peintre de plein air. Je pars 3 semaines dans une région (le Quercy) dont je suis tombé fou amoureux il y a 4 ans. Et si je pouvais, croyez-moi, j'y resterais… »

 

Et, c’est sur ces belles paroles que nous nous sommes quittés, Edmond Floriani et moi alors qu’il avait, j’en suis persuadé, tant de choses à dire…

 

L'oeuvre terminée

 

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